Hier, le 5 mai 2026, des représentants de Justice for Miners (JFM) et d’Action for Southern African (ACTSA) ont rencontré de hauts responsables d’Anglo American South Africa (AASA) afin de discuter en urgence de la décision du Fonds fiduciaire de Tshiamiso de supprimer le droit des anciens mineurs et des familles de mineurs décédés d’utiliser des certificats médicaux pour déposer leurs demandes d’indemnisation pour silicose et/ou tuberculose.
Les certificats du Bureau médical des maladies professionnelles (MBOD) faisaient partie de l’accord du Fonds fiduciaire de règlement de 2018 et constituaient le mécanisme juridiquement convenu pour déterminer le degré de silicose ou de tuberculose dont souffraient les mineurs et, par conséquent, le montant de l’indemnisation à laquelle ils pouvaient prétendre.
À la surprise générale, les administrateurs du Tshiamiso Trust ont déclaré unilatéralement que ces certificats n’étaient plus valides, contraignant les mineurs malades à subir de nouveaux examens et leurs veuves à endurer un traumatisme indicible pour tenter de réclamer l’indemnisation obtenue lors du recours collectif de 2018. Les cinq autres sociétés minières impliquées dans le Tshiamiso Trust sont : Harmony Gold, Anglogold Ashanti, Sibanye Stillwater, African Rainbow Minerals et Gold Fields.
Cette modification proposée contrevient à l’acte de fiducie et pénalise fortement les anciens mineurs et leurs familles dans leur demande d’indemnisation. Une telle action contredit directement les propos du juge Vally lors du prononcé de l’accord de règlement.
Justice for Miners, en collaboration avec ACTSA, a exprimé son indignation face aux agissements du Tshiamiso Trust et a fait part à AASA de la réalité vécue par les anciens mineurs et leurs familles, qui vivent dans une extrême pauvreté et font face à de grandes difficultés en raison de ces maladies pulmonaires douloureuses et incurables. Cette tentative du Tshiamiso Trust de leur refuser l’accès à une indemnisation (pouvant porter sur des montants aussi faibles que 12 000 rands) est un acte véritablement choquant qui perpétue l’injustice. Pour plus de détails sur les conséquences de ce changement pour les demandeurs (les mineurs), cliquez ici.
Lors de l’assemblée générale annuelle d’Anglo American plc à Londres le 29 avril 2026, l’ACTSA a interrogé l’entreprise sur ses responsabilités envers les demandeurs du recours collectif concernant la tuberculose et la silicose. Lors de la réunion d’hier à Johannesburg, les représentants de la JFM ont illustré, exemples à l’appui, que le Tshiamiso Trust n’est pas adapté à sa mission.
Ziyanda Manjati, présidente de la section JFM du Cap-Oriental, a déclaré : « Dès sa création, le Trust a échoué à remplir sa mission envers les personnes qu’il était censé servir, car ses activités ne donnent pas la priorité aux mineurs. »
Janet Khan, représentante de Richard Spoor au sein du Comité consultatif du fonds de fiducie (TAC), a déclaré : « Tshiamiso entend rectifier la situation. Le fonds de fiducie s’est égaré et manque à son devoir de rendre justice aux mineurs mourants qui ont droit à une indemnisation.»
Catherine Meyburgh, de JFM, a déclaré : « Les demandeurs supportent le fardeau financier et physique de devoir prouver leur maladie et leur état de fin de vie. Ce n’était pas l’intention de l’acte constitutif du fonds de fiducie.»
Isabella Kentridge, chercheuse juridique et conseillère auprès d’ACTSA, a déclaré : « Anglo American South Africa, en tant que partie à l’accord de recours collectif, s’est réservé le droit de contrôler la performance du fonds de fiducie et d’intervenir en cas de stricte nécessité. »
Rachel Palma Randle, directrice d’ACTSA, a déclaré : « Anglo American South Africa, au même titre que les autres compagnies minières, conserve le pouvoir et la responsabilité de contrôler le versement des indemnisations, conformément à l’acte de fiducie. Anglo American doit faire preuve de vigilance et de rigueur afin de garantir que l’esprit de l’accord et la lettre de l’acte de fiducie soient respectés de manière équitable pour les personnes atteintes de silicose et de tuberculose contractées durant leur vie professionnelle dans les mines d’or d’Anglo. »
ACTSA et Justice for Miners agissent au nom de quelque 500 000 anciens mineurs et de leurs familles, qui peuvent prétendre à une indemnisation auprès du Fonds Tshiamiso. Nos organisations collaborent depuis quatre ans pour remédier aux problèmes liés aux dysfonctionnements et au manque de transparence du Fonds Tshiamiso.
Communiqué