La CMOC a investi à elle seule environ 9 milliards de dollars dans ses mines depuis 2016 sans lesquels Congo n’aurait pas pu tripler sa production de cuivre et augmenter sa production de cobalt en une décennie. Les exportations de cuivre et de cobalt représentent environ 40 % du PIB du Congo, selon le Fonds monétaire international. La valeur des échanges commerciaux entre les deux pays s’élevait à près de 27 milliards de dollars en 2024, tandis que les échanges commerciaux du Congo avec les États-Unis n’atteignaient que 820 millions de dollars sur la même période.

Le Congo a choqué les marchés des matières premières en interdisant toute exportation de cobalt en février. Les dirigeants de CMOC à Shanghai n’ont été informés de cette mesure que par un article de Bloomberg, selon l’entreprise. Cette suspension de quatre mois visait à relancer les prix, qui avaient atteint des niveaux historiquement bas. Elle a également été interprétée comme un reproche adressé à CMOC, désormais partie intégrante de l’économie congolaise, pour avoir largement dépassé ses objectifs de production déjà ambitieux et contribué à la chute des prix.
Cette mesure, autorisée par le président Félix Tshisekedi, traduisait la frustration suscitée par le fait que, bien que le Congo produise les trois quarts du cobalt mondial, ce sont les entreprises chinoises, et non les responsables politiques de Kinshasa qui influencent les prix mondiaux d’un métal essentiel aux secteurs des batteries, de la défense et de l’aérospatiale.
L’interdiction d’exportation et les critiques implicites à l’encontre de Pékin constituent un pari risqué pour Tshisekedi, selon les analystes et les négociants.

« La question des minéraux critiques africains est une source d’irritation dans les relations sino-américaines », déclare Yun Sun, directeur du programme Chine au Stimson Center de Washington. « L’administration Trump en a fait une priorité. »
Mais la Chine a des décennies d’avance sur les États-Unis en matière de minéraux critiques.
Un éventuel accord de la Maison Blanche pour une participation dans la production minière du Congo « risque d’offenser la Chine », ajoute Yun Sun.
Avec Bloomberg