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Le Groupe d’experts a établi que le M23 et la RDF ont continué d’utiliser de plus en plus des technologies et du matériel militaires sophistiqués dans les zones sous leur contrôle apportant ainsi une preuve supplémentaire et sans conteste de l’appui tactique extérieur fourni au M23, principalement par la RDF, en violation de l’embargo sur les armes.

Systèmes de défense antiaérienne à courte portée

Le 7 février 2024, un système mobile de défense antiaérienne à courte portée, doté d’un radar rotatif monté et d’un missile sol-air, a été vu par un drone à Bumbi, dans le territoire de Rutshuru, une zone alors contrôlée par le M23 et la RDF. Deux autres systèmes de défense antiaérienne à courte portée ont été signalés près de Kibumba et de Mabenga, dans le territoire de Rutshuru. Le 6 février, un système de défense antiaérienne à courte portée a abattu un drone armé CH-4 des FARDC et, le 7 février, il a pris pour cible et raté un drone de la MONUSCO, c’est-à-dire un moyen des opérations de maintien de la paix des Nations.

D’après des sources provenant des services de sécurité et de renseignement, c’est la RDF qui manœuvrait le système de défense antiaérienne à courte portée.

Dans un communiqué publié le 17 février 2024, les États-Unis d’Amérique ont demandé au « Rwanda de retirer immédiatement […] ses systèmes de missiles sol-air, qui menacent la vie des civils, des forces de maintien de la paix [des Nations Unies] et d’autres forces régionales, des acteurs humanitaires et les vols commerciaux dans l’est de la [République démocratique du Congo] » ; un appel repris par d’autres pays aussi.  Le déploiement de systèmes de défense antiaérienne à courte portée, parallèlement à d’autres moyens antiaériens du M23 et de la RDF dans la région a considérablement renforcé la capacité opérationnelle du M23 et de la

RDF et a influé sur la dynamique des conflits . Les FARDC et les sociétés militaires privées ont décidé d’immobiliser temporairement tous leurs moyens aériens, ce qui a permis au M23 et à la RDF de se réorganiser et de se

renforcer. Ce système de défense antiaérienne à courte portée expose les moyens aériens de la MONUSCO, qui pourraient être pris pour cible, comme l’a fait à plusieurs reprises le M23.

Obus de mortier transportés par drones

Dans la nuit du 17 au 18 février 2024, un obus de mortier de 81 mm a frappé etmis hors service un avion Sukhoi des FARDC sur le tarmac de l’aéroport de Goma. Un deuxième obus a raté un hélicoptère des FARDC. Les obus de mortier ont été largués par un drone aérien commercial équipé de quatre hélices . Le M23 et des services de renseignement, notamment du Rwanda, ont dit au Groupe d’experts que l’attaque avait été commise par le M23.

Avant février 2024, rien n’attestait de l’utilisation dans le pays de drones aérienscommerciaux équipés d’obus de mortier ou d’autres explosifs, y compris d’engins explosifs improvisés tels que ceux utilisés contre la MONUSCO par l’unité spéciale de la Garde républicaine de la République démocratique du Congo à Kimoka . Le Groupe d’experts estime que la multiplication des attaques de drones aériens pourrait considérablement modifier la dynamique des conflits . Cette attaque de drone fait également ressortir la vulnérabilité de l’aéroport international de Goma, que le M23 et la RDF ont déjà menacé de prendre.

Obus de mortier guidés

Le Groupe d’experts a également établi l’utilisation par le M23 et la RDF d’obus

de mortier guidés de 120 mm offrant une capacité de frappe précise et une forte létalité ; un type d’obus de mortier qui n’avait pas été signalé auparavant sur le

territoire de la République démocratique du Congo . Les obus de mortier trouvés sont similaires aux obus de type IMI fabriqués par la compagnie israélienne Elbit Systems.

Les images confirment les rapports d’un officier de la RDF et de combattants du M23 selon lesquels la RDF avait des mortiers guidés qu’elle a utilisés. Des mortiers de 120 mm ont également été utilisés contre les troupes de la SADC . L’unité du « général » Baudoin Ngaruye du M23, qui fait l’objet de sanctions, était également équipée de systèmes de mortiers guidés.

Rapport des experts des Nations unies

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