Sur instruction directe du président Félix Tshisekedi, le ministre des Mines Louis Watum a officiellement approuvé, le 13 mars 2026, la reprise des actifs de la société minière Chemaf par l’entreprise américaine Virtus Minerals. Cette transaction concerne des gisements stratégiques de cuivre et de cobalt, dont celui de Mutoshi (Lualaba) et de l’Étoile (Haut-Katanga). En effet, le ministre Watum a confirmé la décision dans une lettre adressée au directeur général de Virtus, Phil Braun. Cette mesure intervient après une période de fortes tensions, notamment le limogeage de hauts responsables de la Gécamines, la compagnie minière d’État, qui s’étaient auparavant opposés à l’accord.
En effet, même si le Ministère des mines donne son feu vert technique ou administratif, la Gécamines reste le pivot stratégique pour plusieurs raisons clés.
Chemaf n’est pas propriétaire de ces titres mais locataire (amodiataire) . Le contrat de location prévoit généralement une clause d’accord préalable de la Gécamines pour tout changement de contrôle ou transfert d’actifs.
Ces permis (PE 467, 469 et 11599) couvrent des gisements critiques de cuivre et de cobalt (comme Mutoshi) . La Gécamines, sous pression politique pour accroître la part de l’État, utilise souvent son droit de veto pour renégocier des parts gratuites ou des redevances plus élevées lors d’une reprise par un nouvel acteur .En accord avec le Code minier congolais, l’État conservera une participation gratuite et non diluable de 10 % minimum. Une part supplémentaire de 10 % doit également être réservée à des investisseurs privés congolais.
Notons que Virtus Minerals, une société américaine soutenue par le fonds Orion.
Cette décision de céder les actifs de Chemaf aux américains s’inscrit dans une volonté de Kinshasa de diversifier ses partenaires miniers et de réduire la domination chinoise dans le secteur du cobalt, tout en répondant aux pressions et au soutien de l’administration américaine. La reprise par Virtus est présentée comme une solution pour la « relance durable » des activités industrielles de Chemaf, qui traversait des difficultés financières.
Aimé Binda