Massad Boulos, un électron libre de la diplomatie africaine de Donald Trump sous surveillance.
De Kinshasa à Tripoli en passant par Libreville, le conseiller Afrique du président américain cherche depuis plusieurs mois à s’imposer comme le premier artisan de la politique des États-Unis sur le continent. Mais au sein de l’administration américaine, des cadres s’interrogent sur le sérieux de ses médiations et sur ses liens présumés avec des figures du monde des affaires.
Massad Boulos a démontré une tendance à agir indépendamment des structures diplomatiques traditionnelles américaines , prenant parfois au dépourvu les ambassades américaines et les diplomates de carrière du département d’Etat.
Massad Boulos a notamment eu une réunion privée avec le président nigérian Bola Tinubu à Paris, sans en informer au préalable les ambassades américaines en France ou au Nigéria.Les critiques au sein du Département d’État et de certains offices africains ont exprimé leur inquiétude quant au fait que Boulos brouille parfois les frontières entre ses fonctions officielles et ses intérêts commerciaux personnels.
En juillet 2025, Boulos avait organisé un mini-sommet à Washington avec les dirigeants de cinq pays d’Afrique de l’Ouest pour discuter d’éventuels accords migratoires. L’événement avait surpris les diplomates américains qui prévoyaient un sommet plus important plus tard dans l’année.
Selon Africa Intelligence, Massad Boulos avait effectivement mis Gentry Beach à l’écart et s’était imposé comme un envoyé américain clé pour les questions concernant la République démocratique du Congo (RDC). Boulos a réussi à faire circuler une lettre en mai 2025 en tête du département du Trésor américain, indiquant que Gentry Beach ne faisait plus partie de l’équipe Trump pour le processus de paix en RDC.
Le rapport met en lumière une rivalité croissante entre Boulos et Beach au sujet des négociations en RDC. Beach, important donateur de Trump, a initialement été impliqué dans les aspects commerciaux des négociations, notamment concernant la mine de coltan de Rubaya.
Après la divulgation de la lettre, Beach, financier et artisan du rapprochement entre Kinshasa et Kigali, a été écarté des négociations en RDC. Il s’est alors tourné vers d’autres dossiers diplomatiques, notamment l’Ukraine et le Groenland.
Notons que l’ascension de Boulos a créé une formidable rivalité au sein de l’équipe Trump, notamment concernant ses tentatives de marginaliser Beach.
Cet incident a permis à Boulos de consolider sa position dans les négociations, mais il lui a également valu un adversaire redoutable au sein du cercle restreint de Trump.
Malgré l’accord de Washington signé en juin 2025, que Boulos a contribué à négocier, et un accord plus récent sur un mécanisme de cessez-le-feu en octobre, les combats se poursuivent, le processus de paix est au point mort et les troupes rwandaises sont toujours présentes en RDC. Une réunion de suivi en septembre a fixé un nouveau calendrier pour le retrait du Rwanda, entre le 21 et le 31 octobre. Cependant, ce calendrier a été annulé en raison de la poursuite des hostilités.
Début octobre, la RDC a refusé de signer un cadre d’intégration régionale avec le Rwanda, invoquant la présence continue de troupes rwandaises.
Avec Africa Intelligence