Félix Tshisekedi en passe de remporter la première manche dans sa bataille pour le cobalt: Le prix de la tonne dépasse 50. 000 USD en octobre contre 21. 000 en février

En quelques mois, le prix du minerai utile aux batteries a plus que doublé, porté par la politique de quotas imposée par le pouvoir congolais. Ce dernier, qui cherche à atteindre un prix optimal, veut toutefois éviter qu’une envolée excessive favorise les alternatives ou alimente un marché parallèle, rapporte Africa Intelligence.

Dans une tentative réussie de contrôler le marché mondial du cobalt, la République démocratique du Congo (RDC) a restreint ses exportations et mis en place un nouveau système de quotas, provoquant une flambée des prix de ce métal essentiel pour les batteries. Cette mesure, destinée à stabiliser les prix et à accroître les revenus, a poussé la RDC à une confrontation directe avec les sociétés minières étrangères, notamment le groupe chinois CMOC.Depuis le début du gel des exportations en février, les prix du cobalt ont fortement rebondi. Le 23 octobre, le prix de la tonne dépassait 50 000 dollars, contre environ 21 000 dollars en février.Les entreprises étrangères peinent à s’adapter. Le groupe CMOC, un acteur majeur, n’a reçu qu’un quota de 31 200 tonnes pour 2026, bien inférieur aux 61 073 tonnes produites au premier semestre 2025. La RDC a averti que toute entreprise violant les nouveaux quotas s’exposait à une interdiction permanente.La nouvelle réglementation confère à la RDC un contrôle sans précédent sur son minerai le plus stratégique. Le gouvernement souhaite encourager une transformation locale accrue afin de créer des sources de valeur et de revenus supplémentaires.

Dans le cadre du nouveau régime, les entreprises doivent demander des quotas d’exportation mensuels auprès de l’autorité de régulation de l’État, l’Autorité de régulation et de contrôle du marché des minerais stratégiques (ARECOMS), et payer à l’avance des redevances en fonction des volumes attribués et des prix du cobalt en vigueur avant l’expédition.
Pour exporter, les entreprises doivent valider les quotas et la qualité des produits, obtenir des certificats de traçabilité et de conformité, et autoriser la surveillance de l’ARECOMS des échantillonnages.

Les restrictions ont effectivement resserré le marché et soutenu la hausse des prix. Cependant, certains analystes du secteur, dont des dirigeants de CMOC, avertissent que des prix élevés prolongés pourraient accélérer la transition des fabricants de batteries vers des composés chimiques sans cobalt comme le lithium-fer-phosphate (LFP), compromettant potentiellement la demande future.

Aimé Binda

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