Le “roi de pain victoire” Saleh Assi menace d’autres libanais influents en RDC notamment le clan Salhab, propriétaire d’Angel Cosmetics et le clan Ibrahim Issaoui à la tête du groupe Socimex

Saleh Assi, l’homme d’affaires devenu gênant dans la galaxie libanaise en RDC, a rapporté Africa Intelligence.

Alors qu’il est sous sanctions américaines depuis 2019, le Libanais Saleh Assi continue de prospérer entre son pays d’origine, la RDC et l’Europe. Malgré la pression croissante de Washington, son réseau et ses relais politiques lui permettent de maintenir un empire qui intrigue et inquiète.


L’administration américaine soupçonne Assi d’avoir mis en place des systèmes complexes, d’avoir utilisé des intermédiaires et des sociétés écrans, et d’avoir tiré profit de ses relations politiques pour contourner les sanctions, ce qu’il nie.

La plupart des Libanais résidant en République démocratique du Congo (RDC) ont pris leurs distances avec Saleh Assi afin d’éviter que leurs entreprises ne soient examinées de près par les États-Unis. Assi, visé par des sanctions américaines en décembre 2019 pour son rôle présumé dans le financement du Hezbollah, aurait tenté de faire pression sur des personnalités influentes de la Communauté libanaise au Congo comme le clan Salhab et Ibrahim Issaoui, contribuant ainsi à éloigner davantage la communauté libanaise.

La communauté libanaise en RDC se méfie de plus en plus d’Assi, craignant qu’une simple appartenance religieuse n’attire l’attention du département du Trésor américain (OFAC) et n’entraîne d’éventuelles sanctions.

Depuis les sanctions qui lui ont été infligées, Assi a tenté, sans succès, d’obtenir le soutien d’autres personnalités du monde des affaires libanais. Selon plusieurs témoignages (qu’Assi réfute), il aurait eu recours à un chantage, menaçant de révéler leurs liens présumés avec le Hezbollah afin d’exercer une pression.

Clan Salhab : Propriétaire d’Angel Cosmetics, le clan Salhab a été nommément cité parmi les cibles des menaces d’Assi.

Ibrahim Issaoui : À la tête du groupe Socimex et connu pour présider l’association de la communauté libanaise en RDC, Issaoui fait l’objet de rumeurs concernant ses liens avec le Hezbollah depuis des années. Pour contrer ces rumeurs, il a transmis proactivement tous ses comptes au département du Trésor américain à Washington et son nom ne figure pas sur la liste des sanctions de l’OFAC.

Malgré les sanctions, l’empire commercial d’Assi, notamment dans la minoterie (qui lui a valu le surnom de « roi du pain »), est resté largement florissant, bien qu’il le nie en affirmant que ses comptes sont gelés. L’administration américaine le soupçonne d’utiliser un système impliquant des prête-noms, tels que Jeff et Rosetta Bokungulu, pour contourner les sanctions, et travaille à étendre celles-ci à son entourage.


Coco Kabwika

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