Les « coulisses » de l’incident devant les ascenseurs du 3ème étage de l’hotel Four Seasons de Georgetown qui a frôlé à l’affrontement armé entre les gardes rapprochés de D. Nyakeru et Les gardes de la délégation rwandaise menée par le ministre V. Biruta

Four Seasons de Georgetown qui a frôlé à l’affrontement armé entre les gardes rapprochés de D. Nyakeru  et Les gardes de la délégation rwandaise menée par le ministre  V. Biruta

L’atmosphère feutrée du Four Seasons de Georgetown, à Washington, a récemment été le théâtre d’un incident diplomatique et sécuritaire majeur. Entre coïncidence logistique et paranoïa d’État, les gardes rapprochés de la Première dame de la RDC, Denise Nyakeru Tshisekedi, et ceux de la délégation rwandaise menée par le ministre Vincent Biruta, ont frôlé l’affrontement armé.

Le huis clos du 3ème étage

Tout bascule devant les ascenseurs du troisième étage de l’établissement de luxe. Un agent de sécurité rwandais, en tenue civile mais porteur d’une arme apparente, tente de s’introduire dans la même cabine que Denise Nyakeru Tshisekedi. Face à ce qu’elle interprète immédiatement comme une tentative d’infiltration ou une menace directe, la garde rapprochée de la Première dame s’interpose physiquement avec vigueur.

En réalité, cet incident découle d’un improbable « overlap » (chevauchement) sécuritaire : par un pur hasard de calendrier, la délégation rwandaise logeait dans le même hôtel, bien qu’à un étage différent.

Une escalade sous haute surveillance

La situation s’envenime rapidement lorsque des renforts de la sécurité rwandaise déferlent dans le lobby de l’hôtel. 

L’altercation verbale menace de muer en fusillade. Il aura fallu l’intervention conjointe de la sécurité de l’hôtel et, surtout, des agents du Secret Service américain pour séparer les deux groupes et maintenir les armes au fourreau.

Le face-à-face a duré plusieurs heures. Des hauts responsables du Département d’État ont dû intervenir en urgence pour désamorcer la crise. Les négociations, longues et tendues, ont permis d’éviter des arrestations formelles, les autorités américaines ayant privilégié la carte de l’immunité diplomatique pour étouffer l’incendie.

Entre guerre froide et bataille de l’image

Selon les précisions d’Africa Intelligence, cet incident logistique a rapidement été instrumentalisé. L’entourage de la Première dame a promptement diffusé la vidéo de l’altercation, transformant une méprise de voisinage en une « tentative d’agression » politique. Un narratif qui s’inscrit parfaitement dans le climat de guerre froide que se livrent actuellement les deux voisins.

Pour mettre un terme définitif à cette cohabitation explosive, le Département d’État a discrètement exigé que la délégation rwandaise quitte le Four Seasons pour un autre établissement dès le lendemain matin.

Par Coco Kabwika

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