Coltan de Rubaya et or de Lomera : La guerre des caisses entre Makenga et Nangaa

Le contrôle des revenus miniers de Rubaya et Lomera: Sultani Makenga a considérablement restreint  l’autorité de Corneille Nangaa avec un” budget dérisoire”

Le mouvement rebelle M23, soutenu par le Rwanda et contrôlant actuellement une vaste zone dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), est secoué par une lutte de pouvoir interne. Ces tensions au sein de la haute direction de la milice, majoritairement composée de Tutsis, surviennent dans un contexte particulièrement instable. 

Le Contrôle des revenus miniers, source de la fracture du mouvement rebelle 

Le principal moteur de ces tensions internes est la répartition des profits lucratifs issus de l’exploitation minière illégale. Les commandants militaires et les responsables politiques du M23 se disputent « leur part du gâteau » provenant des taxes élevées et du travail forcé imposés aux mineurs artisanaux dans les mines de coltan de Rubaya et les gisements d’or de Lomera dans le Sud-Kivu.Makenga a considérablement restreint les déplacements et l’autorité des personnalités politiques, plaçant de fait la faction de Corneille Nangaa sous surveillance militaire et la privant du peu d’autonomie budgétaire qui lui restait.

La découverte de ces plans d’action explicites sur les appareils électroniques de Théo Binamungu a précipité la consolidation du pouvoir par Sultani Makenga et ses fidèles, transformant la dissension interne en une véritable purge.

Le document prévoyait le remplacement de Joseph Musanga Bahati, actuel gouverneur civil du Nord-Kivu et membre du premier cercle de l’aile militaire, par Théo Binamungu. Pour le chef militaire Sultani Makenga et ses fidèles, cette tentative de remaniement unilatérale par l’aile politique (proche de Corneille Nangaa) a été immédiatement interprétée comme une tentative de prise de contrôle hostile des administrations clés de la région. Face à ce qu’il a considéré comme une trahison interne, le commandement militaire de Sultani Makenga a rapidement réagi en faisant arrêter Théo Binamungu, avant de le faire transférer à la prison centrale de Munzenze à Goma. Cet événement transforme les simples suspicions et dissensions politiques larvées en une rupture ouverte et radicale, poussant l’appareil sécuritaire de l’Armée Révolutionnaire Congolaise (ARC) et de la DSR à purger l’influence des cadres politiques jugés trop ambitieux ou menaçants pour l’hégémonie militaire sur le terrain. Craignant que le complot ourdi contre lui n’ait des racines plus profondes sur le terrain, Makenga a réaffecté plusieurs commandants de première ligne dans les territoires de Rubaya et de Masisi afin de démanteler tout réseau local de mutinerie.

Le décès de Willy Ngoma 

Le porte-parole militaire historique du M23, Willy Ngoma, est décédé le 24 février 2026. Il incarnait l’aile radicale de la rébellion et était visé par de lourdes sanctions internationales, notamment du Conseil de sécurité de l’ONU, pour sa responsabilité dans la promotion des exactions du groupe.Sa disparition a obligé l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et le M23 à réorganiser leur communication externe. La promotion de nouvelles figures jugées fidèles, comme Justin « Le Petit » Mura, vise à maintenir un contrôle absolu sur le discours officiel. Cette réorganisation répond à une double nécessité pour l’organisation insurgée : afficher une image de cohésion interne face à la pression militaire accrue sur le terrain et tenter de redorer son identité publique internationale pour échapper à l’isolement diplomatique.Makenga a considérablement promu le  commandant Justin le petit Mura pour sa  loyauté indéfectible ; il est désormais chargé de gérer la communication externe du groupe et de veiller à ce que la troupe reste alignée.

Rédaction

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