Parallèlement à l’accord minier, un protocole d’accord relatif à un partenariat de sécurité élargi a été signé par la ministre des Affaires étrangères de la RDC, Thérèse Kayikwamba Wagner, et le secrétaire d’État américain, Marco Rubio. C’est le Protocole d’accord formel sur la sécurité (Formal Security MoU).
L’accord engage Washington à coopérer en matière de défense afin de renforcer l’autorité de l’État et de protéger les infrastructures critiques. Selon certains observateurs, cette coopération pourrait à terme inclure la formation, la fourniture d’équipements et le partage de renseignements entre les États-Unis et la RDC(U.S.-DRC Strategic Partnership Agreement (SPA).
Ce mémorandum d’entente sécuritaire (MoU), rédigé en décembre 2025 par Désiré-Cashmir Eberande Kolongele, conseiller spécial à la sécurité de la RDC, vise à établir les bases d’un pacte de défense et à rééquilibrer les forces militaires en faveur de Kinshasa face aux menaces régionales, grâce à un soutien potentiel des États-Unis en matière de formation, d’équipement et de renseignement. La RDC a proposé un accès préférentiel à ses ressources minières en guise d’incitation à ce partenariat.
Statut de partenaire stratégique (Strategic Partner Designation) pour la RDC
La RDC pourra obtenir la désignation officielle de « partenaire stratégique », un statut comparable à celui d’alliés majeurs des États-Unis comme le Japon ou Israël.
Ce pacte a été signé simultanément à un accord de paix entre la RDC et le Rwanda, positionnant les États-Unis comme médiateur et garant dans la région des Grands Lacs.
En échange, Kinshasa va offrir un accès préférentiel aux réserves minières, notamment à la mine de coltan de Rubaya, contrôlée par les rebelles, afin d’obtenir le soutien des États-Unis contre les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda.
L’accord engage Washington à coopérer pour renforcer l’autorité des États et protéger les infrastructures critiques, notamment dans les régions minières où le trafic de minerais finance les groupes armés.
En février 2026, le secrétaire d’État Rubio et le président Félix Tshisekedi se sont rencontrés à Washington pour discuter de la mise en œuvre du protocole d’accord du 4 décembre, soulignant l’engagement des États-Unis à garantir le respect des aspects sécuritaires du cadre de paix régional.
Formation, équipement des militaires des FARDC et partage des renseignements entre les USA et la RDC
L’accord identifie plusieurs domaines d’assistance américaine potentielle, notamment la formation spécialisée des FARDC (forces armées congolaises), la fourniture d’équipements militaires modernes et un partage de renseignements renforcé.
Depuis la signature, des informations indiquent que des entités liées aux États-Unis ont déjà commencé à soutenir les FARDC. Par exemple, Vectus Global, une société militaire privée liée à Erik Prince , avait fourni des drones et un soutien en matière de renseignement lors des récentes offensives au Sud-Kivu.
L’offre donne les américains accès préférentiel à sa « Réserve de ressources stratégiques » (« Strategic Asset Reserve » (SAR), qui comprend des territoires contrôlés par les rebelles comme la mine de coltan de Rubaya, est explicitement conditionnée à ces garanties de sécurité et à l’espoir d’une aide américaine pour sécuriser les chaînes d’approvisionnement en minéraux.La mise en œuvre ce partenariat est gérée par un comité de pilotage conjoint, (Joint Steering Committee,) qui a tenu sa réunion inaugurale en février 2026 pour examiner la liste des actifs stratégiques et formaliser les prochaines étapes du partenariat.
Aimé Binda