Kigali, le 20 février 2026 – Alors que le président burundais Évariste Ndayishimiye vient de prendre la tête de l’Union Africaine (UA), le gouvernement rwandais a exprimé une fin de recevoir catégorique quant à une éventuelle implication de Bujumbura dans la résolution du conflit qui l’oppose à la République démocratique du Congo (RDC).
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Un médiateur jugé « partie prenante »
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Lors d’une conférence de presse tenue jeudi à Kigali, le ministre rwandais des Affaires étrangères, l’ambassadeur Olivier Nduhungirehe, a été on ne peut plus clair : le Burundi ne peut pas être à la fois juge et partie.
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Bien que le Burundi assure désormais la présidence tournante de l’UA, le ministre estime que sa position sur le terrain invalide son rôle de médiateur. Selon lui, les forces burundaises combattent actuellement dans l’est de la RDC aux côtés de la coalition des FARDC, prenant ainsi activement part aux hostilités contre les intérêts rwandais.
‎> « Le Burundi est un pays voisin […] mais il est en guerre à l’Est, d’une manière grave. Il a érigé un barrage routier pour les Banyamulenge à Minembwe, aggravant la situation humaine », a déclaré le chef de la diplomatie rwandaise.
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‎Une relation bilatérale au point mort
‎Au-delà du dossier congolais, les relations entre Kigali et Bujumbura sont au plus bas. Le ministre a rappelé plusieurs points de friction majeurs :
‎ * Fermeture des frontières : Depuis le 11 janvier 2024, le Burundi maintient ses frontières fermées avec le Rwanda.
‎ * Accusations de soutien rebelle : Bujumbura accuse Kigali de soutenir le groupe RED Tabara, une allégation que le Rwanda rejette fermement.
‎ * Collaboration avec les FDLR : À l’inverse, le Rwanda dénonce une alliance entre le gouvernement burundais et le groupe terroriste FDLR.
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Maintenir le cap sur la médiation togolaise
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Pour le Rwanda, le mécanisme de résolution doit rester celui déjà en place sous l’égide de l’UA, mais sans l’ingérence directe de la présidence burundaise. Kigali réaffirme sa confiance envers le Togo, actuel médiateur, et le comité de cinq personnalités de haut rang chargé d’assister les négociations.
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Ce comité inclut notamment l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo et l’ancienne présidente éthiopienne Sahle-Work Zewde. L’objectif demeure la mise en Å“uvre des dispositions de l’Accord de Washington DC, signé par le Rwanda et la RDC.
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‎La rédaction
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