RDC-USA (MoU) sur la Sécurité: La RDC réclame un statut de défense sécuritaire comme Israël ou le Japon incluant le déploiement des conseillers militaires américains, la fourniture des drones, blindés et échanges de renseignement

Derrière le partenariat minier (U.S.-DRC Strategic Partnership Agreement-SPA) signé le 4 décembre se dessine un autre enjeu, plus discret : la formalisation d’un cadre sécuritaire entre la RDC et les États-Unis( Formal Security MoU) , susceptible d’ouvrir la voie à un appui militaire, a rapporté Africa Intelligence.

Ce Mémorandum d’entente (MoU) sur la sécurité, signé le 4 décembre 2025 à Washington, formalise un tournant majeur où les ressources minières de la RDC deviennent le levier d’un réengagement militaire américain.

Le document a été paraphé par Thérèse Kayikwamba Wagner, ministre congolaise des Affaires étrangères, et Marco Rubio, Secrétaire d’État américain. Cette signature s’est déroulée en marge d’un sommet tripartite incluant le Rwanda, visant à stabiliser l’est de la RDC pour sécuriser les investissements occidentaux.

Les piliers du cadre sécuritaire du Memorandum of Understanding (MoU) on an Expanded Security Partnership (MoU-ESP)

Ce MoU ne se limite pas à une simple déclaration d’intention. Il établit les bases d’une coopération militaire structurée et formalisée :

  1. Réforme du secteur de la sécurité (RSS)

Les États-Unis s’engagent à soutenir la modernisation des Forces Armées de la RDC (FARDC) et de la Police nationale.

2.Protection des sites miniers stratégiques : Un volet spécifique concerne la sécurisation des zones minières riches en métaux critiques (cobalt, lithium, tantale) pour garantir des chaînes d’approvisionnement « propres » et hors de contrôle des groupes armés.

3.Lutte contre le financement des conflits armés

Le cadre prévoit un échange de renseignements et des moyens techniques pour couper les réseaux de trafic de minerais qui alimentent les rébellions comme le M23. Pour Kinshasa, l’objectif est d’échanger avec un accès préférentiel à ses réserves stratégiques (via une « Réserve d’actifs stratégiques » accordant un droit de premier regard aux entreprises américaines) (RAS) (Strategic Asset Reserve – SAR) contre un appui militaire concret et une pression diplomatique accrue des États-Unis sur les soutiens extérieurs des groupes armés.

Ce mémorandum est perçu comme le prélude à un véritable accord de défense. Des discussions sont déjà en cours pour
La fourniture d’équipements de surveillance (drones) et de mobilité (véhicules blindés) et déploiement des conseillers américains dans un cadre de programme de formation de l ‘armée congolaise avec la branche armée américaine en Afrique (Africom).
Cette dynamique place les États-Unis en concurrent direct de l’influence chinoise, en liant indissociablement la sécurité de la région des Grands Lacs à la transition énergétique mondiale.

En outre, Ce mémorandum d’entente sécuritaire (MoU), rédigé en décembre 2025 par Désiré-Cashmir Eberande Kolongele, conseiller spécial à la sécurité de la RDC, vise à établir les bases d’un pacte de défense et à rééquilibrer les forces militaires en faveur de Kinshasa face aux menaces régionales, grâce à un soutien potentiel des États-Unis en matière de formation, d’équipement et de renseignement.

Statut de partenaire stratégique (Strategic Partner Designation – SPD) pour la RDC?

Bien que le statut de « partenaire stratégique » accordé à la RDC soit significatif, il diffère juridiquement de celui du Japon et d’Israël .

Japon :Il est liée aux États-Unis par un traité de coopération et de sécurité mutuelles, qui comprend un engagement contraignant à défendre son territoire (article V).

Israël : Désigné comme allié majeur non membre de l’OTAN (AMNO), Israël bénéficie d’un accès privilégié aux armements et à la recherche, bien qu’il ne dispose pas d’un traité de défense mutuelle formel.

Pour la RDC , Le nouvel accord de partenariat stratégique (APS) est un cadre élargi qui lie directement le soutien à la sécurité à la gestion des ressources minérales critiques, telles que le cobalt et le cuivre, par le biais d’une réserve d’actifs stratégiques (RAS) nouvellement créée.

Un Comité de pilotage conjoint (CPC)Joint Steering Committee – JSC) a été créé pour superviser l’accord afin de commencer la mise en Å“uvre des dispositions relatives aux minéraux et à la sécurité. La RDC est également tenue de réformer sa législation fiscale et minière dans un délai de 12 mois pour conserver ce statut de partenaire et de coopérer avec le Rwanda dans un cadre d’intégration et de prospérité régionale.

Aimé Binda

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