Une enquête exclusive de Reporters sans frontières (RSF) révèle l’horreur vécue par les professionnels de l’information dans l’est de la République démocratique du Congo.
Depuis la prise de Goma par le mouvement rebelle M23 en janvier 2025, des infrastructures de fortune, comme des conteneurs métalliques, sont utilisées pour détenir et torturer des civils, parmi lesquels au moins deux journalistes.
Des « geôles de fer » au cœur de Goma
Grâce à des témoignages anonymisés et des analyses satellites de Planet Labs, RSF a pu localiser ces lieux de détention informels.
Le site principal se situe dans l’enceinte de l’Assemblée provinciale du Nord-Kivu.
* Conditions inhumaines : Jusqu’à 80 personnes sont entassées dans des boîtes de 10 m^2, sans lumière ni aération.
* Tortures quotidiennes : Les victimes rapportent des passages à tabac systématiques et des conditions climatiques extrêmes (chaleur suffocante le jour, froid glacial la nuit).
* Localisation stratégique : Un autre site a été identifié près du Mont Goma, à proximité immédiate de la Radio-Télévision nationale congolaise (RTNC).
Une corporation sous haute pression
L’enquête souligne l’acharnement du M23 contre la liberté de la presse. Au-delà des arrestations arbitraires, le groupe armé tente d’imposer son idéologie :
* Contrôle éditorial : Interdiction formelle d’utiliser le terme « occupation » pour décrire la situation dans les zones sous contrôle rebelle.
* Exode massif : En seulement un an, près d’une centaine de journalistes ont été contraints de fuir la région pour échapper aux représailles.
> « L’enfermement de journalistes dans des conteneurs est une pratique déshumanisante qui témoigne de la violente répression exercée par le M23 », fustigent Haïfa Mzalouat et Camille Montagu de RSF.
Un déni des autorités rebelles
Contacté, le porte-parole de l’AFC/M23, Lawrence Kanyuka, a balayé ces accusations, les qualifiant de « campagne de propagande ». Pourtant, les preuves visuelles et les témoignages de rescapés confirment la multiplication de ces exactions.
La RDC figure actuellement à la 133e place du Classement mondial de la liberté de la presse. Ce rapport, intitulé Dans la peau des journalistes des Grands Lacs, sera officiellement publié le 26 mars 2026.
Avec RSF