Révélations de Mills Tshibangu : Manassé Lomboto serait orphelin dès l’âge de 5 ans, la femme réclamant son corps mise en cause

Kinshasa — L’affaire Manassé Lomboto prend une nouvelle tournure. Alors que les proches du jeune militant de l’ADD Congo et membre du dispositif de sécurité de l’opposant Prince Epenge s’apprêtaient à organiser ses obsèques, la justice congolaise a ordonné le maintien de sa dépouille à la morgue du Centre hospitalier universitaire du Cinquantenaire, au nom de la poursuite des enquêtes sur les circonstances de son décès.

Le dossier est désormais marqué par plusieurs interrogations, notamment sur les circonstances exactes de la mort du jeune homme, mais aussi sur son identité familiale et les personnes habilitées à réclamer sa dépouille.

Les révélations attribuées à Mills Tshibangu

Dans une intervention consacrée à cette affaire, le journaliste d’investigation Mills Tshibangu avance plusieurs éléments qui, s’ils étaient confirmés par des documents officiels ou par une enquête judiciaire, pourraient modifier la compréhension du dossier.

Selon le récit rapporté par le journaliste, Manassé Lomboto aurait été orphelin de mère dès l’âge de cinq ans. Mills Tshibangu affirme que la femme présentée publiquement comme sa mère lors des événements entourant la réclamation de la dépouille ne serait pas sa mère biologique.

Toujours selon cette version, la mère biologique de Manassé serait décédée alors qu’il était encore enfant, après avoir été victime de violences conjugales. Le jeune Lomboto aurait ensuite été élevé au sein de la famille du général Etumba.

Ces éléments restent toutefois des affirmations attribuées à Mills Tshibangu et nécessitent d’être documentés et vérifiés. Aucune des sources consultées ne permet, à ce stade, de les considérer comme des faits définitivement établis.

Une femme qui réclame le corps au cœur des interrogations

La présence d’une femme présentée comme la mère du défunt lors des démarches entourant les obsèques alimente ainsi une nouvelle polémique.

Dans son analyse, Mills Tshibangu met en doute son lien biologique avec Manassé Lomboto et s’interroge sur les raisons pour lesquelles cette femme aurait revendiqué la dépouille.

Le journaliste va jusqu’à évoquer l’hypothèse d’une « arnaque », (Maman Bipupula) une qualification qui lui appartient et qui ne peut, en l’état, être présentée comme une conclusion judiciaire.

La question essentielle reste donc celle de l’identité de la personne légalement reconnue comme proche ou ayant qualité pour réclamer le corps. Les documents d’état civil, les actes de naissance, les témoignages des membres de la famille et, le cas échéant, les résultats d’une enquête judiciaire permettraient de clarifier cette question.

Pourquoi la justice veut-elle conserver le corps ?

Cette controverse intervient alors que le parquet de grande instance de Kinshasa/Kalamu a ordonné la conservation de la dépouille à la morgue du Cinquantenaire jusqu’à la fin des investigations.

La décision a empêché la levée du corps prévue le 26 septembre, alors que les proches et les responsables de la C64 étaient déjà réunis pour les obsèques. Le maintien de la dépouille a provoqué des tensions à l’hôpital et suscité la colère des militants de l’opposition.

Pour Prince Epenge, Manassé Lomboto a été victime des violences survenues lors de la marche de la C64 du 15 septembre à Limete. L’ADD Congo et la C64 ont demandé une enquête afin d’établir les responsabilités dans sa mort.

Selon les déclarations rapportées par plusieurs médias, Lomboto aurait été blessé pendant les affrontements avant d’être évacué vers l’hôpital Olympic, où il est décédé dans la soirée. Les circonstances précises de sa mort demeurent justement au cœur de l’enquête.

L’hôpital Olympic, un autre point d’interrogation

Mills Tshibangu s’intéresse également au lieu où Manassé Lomboto aurait été conduit après les violences et où son décès aurait été constaté.

Plusieurs médias rapportent effectivement que le décès est survenu à l’hôpital Olympic appartenant à l’ex Première Dame Olive Lembe dont son Mari dirige actuellement une opposition Armée soutenue par le Rwanda. Pour le journaliste, il pouvait avoir une connexion entre cet Hôpital et la famille du général Etumba qui fut ancien chef d’État major de la FARDC sous le président Joseph Kabila.

Une affaire désormais entre politique, justice et vérité familiale

L’affaire Manassé Lomboto se retrouve ainsi au croisement de trois questions : les circonstances de sa mort, les responsabilités éventuelles dans les violences du 15 septembre et l’identité des personnes pouvant légalement se présenter comme membres de sa famille.

La version de l’opposition attribue sa mort aux violences commises pendant la manifestation. De son côté, le parquet estime nécessaire de poursuivre les investigations avant de permettre l’inhumation. Cette position a également été défendue publiquement par Augustin Kabuya, qui a appelé à établir la cause exacte du décès et s’est interrogé sur le parcours de la dépouille après les violences.

Les révélations de Mills Tshibangu ajoutent donc une nouvelle dimension au dossier : qui était réellement Manassé Lomboto, qui sont ses proches biologiques et dans quelles circonstances exactes est-il décédé ?

Autant de questions auxquelles seule une enquête documentée, contradictoire et indépendante pourra apporter des réponses définitives.

Rédaction

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