Le Qatar, médiateur discret dans la réconciliation entre la Belgique et le Rwanda

Les autorités rwandaises semblent prêtes à envisager un rétablissement des relations avec Bruxelles. Après avoir rompu leurs liens diplomatiques avec la Belgique en mars, le Rwanda manifeste désormais une volonté de renouer le contact. Ce revirement fait suite à des accusations portées par le Rwanda, qui reprochait à la Belgique de nuire à ses intérêts dans le cadre du conflit en République démocratique du Congo (RDC) et d’entretenir des illusions néocoloniales. Malgré cette rupture, l’ouverture du Rwanda au dialogue pourrait ouvrir une voie vers la réconciliation et le rétablissement des relations diplomatiques.

Le vice-Premier ministre et ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, s’est rendu au Qatar les 1er et 2 juin pour rencontrer discrètement son homologue français, Jean-Noël Barrot.

Cette visite visait à relancer la coopération entre la Belgique et le Qatar, dont les relations avaient été ternies par le scandale du Qatargate en décembre 2022. Ce scandale de corruption, impliquant des eurodéputés ayant reçu des fonds pour promouvoir le Qatar, semble désormais être derrière eux, permettant une amélioration des relations entre Bruxelles et Doha.

> « Être un partenaire fiable, c’est avant tout écouter et construire ensemble des solutions lors de conflits ou tensions. »

Le ministère des Affaires étrangères a souligné que l’objectif de cette visite était de « renforcer les relations politiques, de mettre en avant le savoir-faire économique belge et d’échanger sur les grands défis humanitaires et sociétaux. »

Au cÅ“ur de cette nouvelle collaboration se trouve un échange d’expertise en matière de médiation internationale. Au cours de la dernière décennie, Doha a joué un rôle actif dans la médiation de plusieurs conflits majeurs, tels que la guerre entre Israël et le Hamas, les tensions dans l’est du Congo entre la RDC et le M23 soutenu par le Rwanda, ainsi que l’enlèvement d’enfants ukrainiens par les forces russes.

Lors d’une récente interview, Majed Al-Ansari, conseiller principal pour les médiations du Premier ministre qatari, a indiqué que l’émirat attachait une grande importance à l’expertise belge en RDC, en raison de son expérience dans la région. La Belgique souhaite également être impliquée dans les accords miniers entre la RDC et le Rwanda, en tant qu’ancienne puissance coloniale. De son côté, le Rwanda reconnaît l’influence de la diplomatie belge au sein de l’Union Européenne.

Bruxelles a été à l’origine des appels aux pays européens pour sanctionner le Rwanda en raison de son soutien au M23, un groupe rebelle au cÅ“ur de la crise en RDC. Les autorités de Kigali ont même donné 48 heures aux diplomates belges pour quitter le pays.

Pour le Qatar, favoriser une réconciliation entre la Belgique et le Rwanda s’inscrit dans un cadre plus large de paix régionale soutenue par la Maison Blanche.

Coco Kabwika

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