Chaque année, des millions d’enfants sont victimes de violences en milieu scolaire. Ce fléau touche particulièrement les filles, et entraine de lourdes conséquences sur leur scolarité.
Les violences sont identifiées comme des actes, des intentions ou des menaces de violence sexuelle, physique ou psychologique au sein et autour de l’école, perpétrées souvent à cause de normes, des stéréotypes de genre et des coutumes négatives renforcés par des rapports de force inégaux. Elles constituent l’un des principaux obstacles à la jouissance des droits des enfants, en particulier des filles, à une éducation inclusive, de qualité et dans un environnement sûr.
Ces violences sont souvent physiques et/ou psychologiques.
Les violences physiques, telles que les attouchements, le viol, peuvent aller jusqu’au meurtre. Les violences psychologiques comprennent notamment le harcèlement sexuel, l’exploitation, la discrimination, ou encore l’intimidation, y compris la cyber-intimidation, la coercition, le harcèlement psychologique (rabaisser, humilier, menacer, effrayer). Ces violences sont classées dans la catégorie des crimes.
C’est ainsi que le Cercle d’étude pour la protection de l’enfant et la famille, en sigle a pu réunir ses chercheurs universitaires et experts en travail social pour réfléchir et faire des propositions pour améliorer la protection de l’enfant dans le milieu scolaire.
La sécurité de l’enfant en milieu scolaire ne dépend pas seulement de la qualité des infrastructures de l’école. Elle est avant tout psychologique. L’enfant doit se sentir à l’aise pour apprendre en toute quiétude et chaque adulte dans l’école se distingue par une présence aimante pour l’enfant pour un accompagnement intellectuel serein.
Pour réussir ce pari, le CEPEF propose les orientations suivantes :
Présence humaine aimante
La présence aimante du personnel enseignant, administratif ou ouvrier qui inspire la sécurité. A cet effet, bien que dans certaines écoles, il existe des dispositifs de surveillances électroniques, une permanence des équipes de sécurité accédant à tous les coins et recoins de l’école doit être assurée. De ce fait le déploiement de la Police spécialisée dans la protection de l’enfant dans les installations scolaires ou aux environs est nécessaire.
L’installation du poste de police, réduit soit il a le rôle et prévention et de protection.
Bureau de l’Assistant social
Dans le même ordre de prévention, l’école doit avoir un bureau social animé par les assistants sociaux et les éducateurs sociaux.
Les violences étant parfois une manifestation de l’insuffisance des compétences de vie courante, les acteurs
sociaux grâce leur mode opératoire basé sur l’observation, l’écoute et les enquêtes sociales peuvent déceler les limites liées parfois aux stéréotypes et autres coutumes négatives.
L’objectif de cette disposition humaine complétée par le système éléctronique permet non seulement une dissuasion mais aussi une réaction rapide en cas d’incident.. Grace aux techniques du travail social, ils peuvent détecter les anomalies que ce soit parmi les élèves entre eux ou le personnel scolaire.
Parlement d’enfants
La mise en place effective du gouvernement et parlement d’enfants selon la Convention relative aux droits de l’enfant en collaboration avec l’équipe de discipline de l’école composée des enseignants et autre personnel de l’école sous la supervision au directeur de discipline
Activités parascolaires
Le gouvernement des enfants doit créer en collaboration avec les autorités scolaires des activités de rapprochement entre les élèves et promouvoir le sens de vivre ensemble. L’école peut encourager l’existence des clubs sportifs, les troupes de théâtre, la musique et toutes les activités qui amènent l’enfant à acquérir des compétences de vie courante pour une cohésion sociale
Renforcement des capacités du personnel en contact avec les élèves
L’école doit veiller dans son calendrier de séances de renforcement des capacités sur les droits de l’enfant, les notions de secourisme, afin de garantir une gestion saine de la classe car il est établi que l’enfant n’est pas pénalement responsable+. les enseignants sont souvent témoins des élèves qui présentent des crises de comportements nocifs.
Les violences basées sur le genre en milieu scolaire ont de graves répercussions sur la santé physique et psychologique des enfants (traumatismes, grossesses non désirées, MST, voire décès), et sont souvent accompagnées d’échecs voire la déperdition scolaire, de perpétuation des comportements violents envers les jeunes générations. Elles impactent aussi à moyen et long termes les familles et les communautés dans leur développement économique local .
A cela, l’école doit avoir une équipe des psychologues qui sont en contact direct le milieu d’origine de l’enfant pour un accompagnement adapté pour chaque cas.
Séparation des latrines Filles /Garçons
Pour assurer l’intimité dans les lieux d’aisance dans les écoles mixtes, nous recommandons la nette séparation des toilettes pour les filles et celles des garçons
Education à la vie
Les cours d’éducation civique et d’éducation à la vie doivent occuper une place de choix dans le programme scolaire en commençant par la séance hebdomadaire de salut au drapeau pour sensibiliser les élèves et les enseignant sur les antivaleurs qui conduisent aux violences ’adage qui dit science sans conscience n’est que ruine de l’âme.
Système d’alerte précoce (SAP)
Un système d’alerte précoce doit être mis en place et expliqué à tout le monde qui fréquent le milieu scolaire pour dénoncer les abus et autres violences en flagrance dans le milieu scolaire.
Au niveau des écoles, les programmes de protection sociale recommandent aux gouvernements et acteurs sociaux à :assurer la protection des filles et des garçons sur le chemin de l’école à travers des partenariats stratégiques entre tous les acteurs de la société civile et des différents services de l’État (police, transport…) ;promouvoir l’égalité filles-garçons à l’école via une éducation de qualité, exempte de préjugés sexistes et promouvant la tolérance, et le respect de la diversité et des différences ;mettre en place des infrastructures adaptées pour prévenir les violences de genre, telles que des latrines séparées pour filles-garçons ;
En République Démocratique du Congo, le CEPEF mène un travail de prévention et de protection en garantissant une couverture policière de proximité dans l’environnement scolaire.
Zagor MUKOKO – SANDA