La Chine a indiqué qu’elle va suspendre ses exportations d’acide sulfurique à partir de mai, ce qui affectera les industries des métaux et des engrais déjà fragilisées par les pénuries de matières premières résultant de la guerre contre l’Iran.
Les prix de l’acide sulfurique ont augmenté depuis le début du conflit iranien, la fermeture de facto du détroit d’Ormuz bloquant les importations de soufre en provenance du Moyen-Orient, où il est issu du raffinage du pétrole et du gaz. Cette région produit un tiers du soufre mondial, matière première indispensable à la fabrication de l’acide sulfurique, lui-même essentiel à l’extraction du cuivre et à la production d’engrais phosphatés.
La décision de la Chine de préserver ses stocks d’acide sulfurique pendant cette période va accentuer la pression sur le marché. Cette pénurie affectera les industries minières du cuivre dans des pays producteurs clés comme le Chili, la République démocratique du Congo et la Zambie.
Les prix ont déjà flambé au Chili, qui importe chaque année plus d’un million de tonnes d’acide sulfurique chinois. Environ un cinquième de la production de cuivre au Chili, premier producteur mondial, repose sur un procédé nécessitant de l’acide sulfurique.
« Si la suspension est maintenue pendant toute l’année, les Chiliens devront faire face à des prix encore plus élevés qu’aujourd’hui », a déclaré Sarah Marlow, rédactrice en chef de la section acides chez Argus.La perte de volumes chinois sera difficile à compenser, compte tenu de la pénurie parallèle de matières premières soufrées, selon Peter Harrisson, analyste d’acides au sein du cabinet de conseil CRU.
Avec Bloomberg