Le groupe minier kazakh a saisi l’auditorat militaire, alors que le Conseil national de sécurité a orienté ses investigations vers des hauts gradés, a rapporté Africa Intelligence. La Garde républicaine et son chef se retrouvent dans le viseur, tout comme l’inspecteur général des forces armées. Les enquêtes ont révélé que près de 40 soldats d’élite de la Garde républicaine et de nombreux soldats des FARDC supervisaient des milliers de mineurs illégaux sur les terres de l’ERG.
Ces activités illégales ont engendré des pertes financières considérables pour l’ERG, estimées à environ un milliard de dollars sur une période de 18 mois s’achevant fin 2023. Kinshasa subit des pressions pour « libérer » ces concessions afin de rétablir l’exploitation minière légale et de répondre aux inquiétudes concernant l’implication de généraux de haut rang.
La République démocratique du Congo (RDC) a lancé une vaste opération de répression contre l’implication militaire illégale dans l’exploitation minière, ciblant spécifiquement les concessions détenues par Eurasian Resources Group (ERG).
À la suite de consultations avec Raphaël Kabengele, le nouvel inspecteur général des mines, le chef de la Maison militaire du président, le général de division Martin Malubuni, a ordonné l’évacuation immédiate de tous les membres des FARDC (Forces armées de la République démocratique du Congo) des sites miniers.
Les enquêtes du Conseil national de sécurité (CNS) ont identifié plusieurs officiers supérieurs de l’armée soupçonnés d’être impliqués dans des activités minières illégales ou de les avoir facilitées :
1.Le général de division Ephraïm Kabi Kiriza : Commandant de la Garde républicaine, il a été consulté quant à l’implication de ses troupes. Il est soupçonné de se coordonner avec des trafiquants et des coopératives minières artisanales (telles que Comibakat) afin de tirer profit de sites comme la concession de Swanmines. Le général de division Kabi Kiriza est soupçonné de tirer profit personnellement de ces opérations par l’intermédiaire de son avocat et financier présumé, Honoré Alingi. Ses troupes agiraient de concert avec des trafiquants chinois et la coopérative minière Comibakat.
2.Le général Gabriel Amisi Kumba (alias « Tango Four ») : Actuellement inspecteur général de l’armée congolaise, son nom apparaît fréquemment dans les dossiers d’enquête du CNS. Il est soupçonné de superviser des opérations illégales sur les sites de Boss Mining par l’intermédiaire de membres de sa famille, notamment son fils, Trésor Amisi.
Début 2026, ERG a déposé une plainte officielle auprès du vérificateur général des comptes des FARDC et du président Félix Tshisekedi, dénonçant notamment la « privatisation » de la Garde républicaine par des réseaux informels chargés de superviser l’extraction illégale de minerais sur les sites de Boss Mining, Swanmines et Comide.
Notons que Thierry Tshisekedi, frère du président Félix Tshisekedi a reçu l’ordre du président de cesser toute implication et d’aider l’ERG à reprendre le contrôle de ses concessions après que des membres de la Garde républicaine aient empêché des équipes d’inspection d’y accéder.
Coco Kabwika