L’homme d’affaires indo-pakistanais Saifee Durbar ,condamné par la justice française pour fraude financière, manifeste un intérêt pour les blocs pétroliers 1 et 2 du lac Albert

L’homme d’affaires indo-pakistanais Saifee Durbar (également connu sous le nom de Saif Durbar) manifeste un intérêt marqué pour les blocs pétroliers 1 et 2 du lac Albert, situés en République démocratique du Congo (RDC). Cette incursion dans le secteur pétrolier congolais marque une nouvelle étape dans le parcours d’un intermédiaire financier habitué aux cercles du pouvoir africain, mais dont la réputation reste lourdement marquée par des controverses judiciaires. Depuis les années 1990, il s’est systématiquement positionné dans l’entourage direct de plusieurs dirigeants africains, de Mobutu Sese Seko (Zaïre/RDC) à Ange-Félix Patassé, François Bozizé et Faustin-Archange Touadéra (RCA), jusqu’à Alpha Condé (Guinée).

Selon les révélations d’Africa Intelligence, les ambitions de Saifee Durbar se déploient sur deux fronts en Afrique centrale :

Le pétrole de la RDC

Il cible activement les blocs 1 et 2 du lac Albert, une zone frontalière hautement stratégique et riche en hydrocarbures. Cependant, cette initiative suscite une grande méfiance de la part des autorités congolaises. Pour contourner l’absence d’intérêt des grandes majors pétrolières occidentales, Kinshasa a récemment confié la gestion de ces blocs à la compagnie nationale Sonahydroc, tout en cherchant des rapprochements stratégiques avec Kampala et Pékin pour enfin relancer l’exploration.Cette tentative d’incursion dans les hydrocarbures congolais illustre parfaitement la méthode de Saifee Durbar d’ utiliser le soft-power et les connexions politiques de haut niveau pour s’immiscer dans des dossiers industriels majeurs, souvent au détriment de la transparence sectorielle.Le choix des blocs 1 et 2 du lac Albert n’est pas anodin, car cette zone cristallise d’immenses enjeux géopolitiques et économiques .Ces blocs ont longtemps fait l’objet d’une bataille juridique et financière féroce, notamment après que le gouvernement congolais a retiré les concessions à l’homme d’affaires israélien Dan Gertler pour tenter de les réattribuer.

Le retour en Centrafrique

En parallèle à ses ambitions pétrolières, il s’est repositionné en République centrafricaine (RCA) au sein du secteur minier. Son retour dans le secteur extractif de la République centrafricaine s’inscrit dans la continuité de son passif dans le pays (notamment l’époque de la vente de la mine d’uranium de Bakouma à UraMin), où il réactive ses réseaux d’affaires de longue date.

Un « CV trouble » marqué par la justice et la politique

Le qualificatif de « CV trouble » fait écho à un lourd historique d’affaires politico-financières et de condamnations .Saifee Durbar a été condamné par la justice française pour une fraude financière remontant à 1995. Visé par un mandat d’arrêt en 2007, il a été extradé vers la France en 2009 et incarcéré, avant d’être libéré en septembre 2010. Pour tenter d’échapper à ce mandat d’arrêt, il avait brièvement été nommé vice-ministre des Affaires étrangères en Centrafrique sous le régime de François Bozizé. Face à la colère de Paris, les autorités centrafricaines avaient dû préciser que ce poste n’était qu’« honorifique » et ne lui conférait aucune immunité. Dans L’affaire UraMin-Areva , Il a joué un rôle d’intermédiaire central et controversé lors de la vente de la mine d’uranium de Bakouma (RCA) à la société canadienne UraMin, rachetée plus tard à prix d’or par le géant français Areva, ce qui a déclenché un scandale d’État majeur en France.

Le risque de réputation pour Kinshasa

Pour le pouvoir en place à Kinshasa, traiter avec des intermédiaires au passé judiciaire lourd comme Saifee Durbar comporte le risque d’éloigner les majors pétrolières occidentales et les institutions financières internationales, qui exigent de strictes garanties de conformité (compliance).En se positionnant à la fois sur le pétrole en RDC et sur les mines en Centrafrique, Saifee Durbar réactive un réseau d’influence qui, des décennies durant, lui a permis de naviguer au cœur des contrats les plus opaques d’Afrique centrale.

Avec AI

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