RDC : l’APVEC appelle à garantir un espace libre et sécurisé aux défenseurs des droits humains

Depuis 2002, l’organisation œuvre pour la protection des personnes vulnérables, la défense des libertés fondamentales et le renforcement de l’État de droit.

Kinshasa, République démocratique du Congo — Fondée le 15 juin 2002 à Kinshasa par Maick Lukadi Lukadi, l’Assistance aux Personnes Vulnérables et Enfants du Congo (APVEC) est une organisation indépendante de défense des droits humains, créée dans le cadre de la loi n° 004/2001 du 20 juillet 2001 relative aux associations sans but lucratif et aux établissements d’utilité publique.

Créée sous la présidence de Joseph Kabila, l’APVEC a établi son premier siège dans la commune de Barumbu, avant de transférer ses activités dans la commune de Ngiri-Ngiri, à Kinshasa.

Depuis sa fondation, l’organisation poursuit une mission essentielle : promouvoir, protéger et défendre les droits fondamentaux des citoyens, particulièrement ceux des enfants, des femmes et des personnes en situation de vulnérabilité.

Une contribution à la protection des citoyens et au développement du pays

L’APVEC intervient dans plusieurs domaines liés à la défense de la dignité humaine. Ses activités concernent notamment la documentation des violences policières, des abus d’autorité, des discriminations, des violences faites aux femmes et aux filles, ainsi que la protection des enfants en situation de vulnérabilité, notamment ceux vivant dans la rue ou accusés de sorcellerie.

Elle s’intéresse également aux mariages forcés, à la corruption et aux autres pratiques susceptibles de porter atteinte aux droits fondamentaux.

Pour accomplir ses missions, l’organisation mène des enquêtes, recueille des témoignages, documente les violations, rédige des rapports, sensibilise la population et accompagne les victimes dans la mesure de ses moyens.

À travers ces activités, l’APVEC entend contribuer à la prévention des abus, à l’amélioration de la gouvernance et au renforcement de la confiance entre les citoyens et les institutions publiques.

« Défendre les droits humains, ce n’est pas combattre l’État. C’est contribuer à construire une société dans laquelle chaque citoyen, quelle que soit sa condition, bénéficie du respect de sa dignité et de ses droits fondamentaux », déclare Maick Lukadi Lukadi, président-coordonnateur général de l’APVEC.

Un engagement collectif au service des droits humains

Depuis sa création, l’APVEC s’est construite grâce à l’engagement de nombreux membres qui ont contribué, aux côtés de son président, à la défense des droits humains et à l’accompagnement des personnes vulnérables.

Parmi eux figurent Crispus Katumba Tshikala et Hatany Kanga Athani, tous deux membres de l’APVEC depuis 2010. Ils se sont distingués par leur passion, leur dévouement et leur engagement en faveur de la dignité humaine et des droits fondamentaux.

« Je tiens à saluer leur contribution ainsi que celle de tous les membres qui, au fil des années, ont participé à notre mission. L’histoire de l’APVEC est avant tout celle d’un engagement collectif au service des personnes vulnérables et de la défense des droits humains », souligne Maick Lukadi Lukadi.

Une organisation indépendante des partis politiques

L’APVEC réaffirme son indépendance à l’égard des partis politiques et son attachement aux principes de démocratie, de bonne gouvernance, de justice sociale et d’État de droit.

Cette indépendance ne signifie toutefois pas que l’organisation doit rester silencieuse face aux décisions publiques susceptibles de porter atteinte aux droits des citoyens.

La défense des libertés d’expression, d’association, de réunion et de manifestation pacifique, tout comme la promotion d’élections libres, transparentes et crédibles, relève pleinement de sa mission.

L’APVEC considère que les organisations de défense des droits humains peuvent exercer une vigilance citoyenne, formuler des critiques constructives et dénoncer pacifiquement les abus sans être assimilées à des formations politiques d’opposition.

« Notre engagement n’est dirigé contre aucun parti politique ni contre une institution. Nous défendons des principes qui doivent bénéficier à tous les Congolais, quelles que soient leurs convictions politiques. L’indépendance d’une organisation de défense des droits humains ne doit pas être confondue avec le silence face aux injustices », précise son président.

Des difficultés qui fragilisent les activités de l’APVEC.

Malgré son engagement pacifique, l’APVEC fait état de difficultés sécuritaires et organisationnelles qui affectent ses conditions de travail depuis plusieurs années.

Selon son président, les pressions, les intimidations et les obstacles rencontrés par certains membres ont progressivement instauré un climat d’inquiétude au sein de l’organisation.

Face à cette situation, l’APVEC a été amenée, en janvier 2026, à réorganiser son fonctionnement et à suspendre temporairement l’accueil dans ses locaux habituels, sans pour autant interrompre sa mission de défense des droits humains.

L’organisation poursuit ses activités de sensibilisation, de documentation des violations et de défense des personnes vulnérables, en adaptant ses modalités d’intervention aux circonstances.

« Les difficultés que nous rencontrons ne signifient pas la fin de notre engagement. L’APVEC demeure active et déterminée à remplir sa mission. Les défenseurs des droits humains doivent pouvoir travailler librement, dans des conditions qui garantissent leur sécurité et leur indépendance », souligne Maick Lukadi Lukadi.

L’APVEC réaffirme sa volonté de poursuivre un dialogue constructif avec les institutions publiques, dans l’intérêt de la population congolaise.

La liberté de réunion pacifique, un droit fondamental

L’APVEC rappelle que la liberté d’expression, la liberté d’association et la liberté de réunion pacifique sont garanties par la Constitution de la République démocratique du Congo et reconnues par les instruments internationaux relatifs aux droits humains.

Ces libertés permettent aux citoyens de se réunir, de débattre, de sensibiliser la population et de participer pacifiquement à la vie publique.

Pour l’organisation, leur protection est indispensable au fonctionnement d’une société démocratique et au renforcement de l’État de droit.

« Les défenseurs des droits humains doivent pouvoir organiser des réunions, documenter les abus et exprimer leurs préoccupations sans craindre d’être assimilés à des ennemis de l’État. La liberté de réunion pacifique est un droit constitutionnel dont l’exercice doit être effectivement garanti », insiste le président de l’APVEC.

Un appel aux autorités pour garantir la protection des défenseurs des droits humains.

Face aux difficultés rencontrées par les acteurs de la société civile, l’APVEC appelle les autorités congolaises à prendre des mesures concrètes pour garantir un environnement favorable à la défense des droits humains.

L’organisation demande notamment :

  • La protection effective de la sécurité et de l’intégrité des défenseurs des droits humains ;
  • La prévention des intimidations et des représailles liées à leurs activités pacifiques ;
  • Le respect de la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique ;

La possibilité pour les organisations indépendantes de mener librement leurs activités conformément à la loi ;

Le renforcement du dialogue entre les autorités publiques et les organisations de défense des droits humains.

L’APVEC invite également la Commission nationale des droits de l’homme, les institutions compétentes et les partenaires nationaux et internationaux à contribuer à la protection de l’espace civique en République démocratique du Congo.

Pour son président, la reconnaissance du rôle des défenseurs des droits humains constitue un élément essentiel de la consolidation de la démocratie.

« La République démocratique du Congo a besoin d’institutions fortes, mais aussi d’une société civile libre, responsable et indépendante. Les défenseurs des droits humains ne sont pas des adversaires de la République. Ils contribuent à prévenir les injustices, à protéger les citoyens et à renforcer l’État de droit. Nous appelons les autorités à garantir un espace civique libre et sécurisé, où chacun pourra défendre pacifiquement les droits fondamentaux sans crainte d’intimidation ou de représailles. Défendre les droits humains, c’est aussi servir notre pays », conclut Maick Lukadi Lukadi.

Maick Lukadi Lukadi

Président-coordonnateur général

Assistance aux Personnes Vulnérables et Enfants du Congo (APVEC)

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