La participation de Paul Kagame au Sommet mondial sur l’énergie nucléaire à Paris le 10 mars 2026 marque une étape clé de son offensive diplomatique pour faire du Rwanda le pivot de l’atome civil en Afrique.
En s’affichant avec Emmanuel Macron et Rafael Grossi (AIEA), Paul Kagame positionne le Rwanda non seulement comme un utilisateur de technologie, mais comme le moteur institutionnel du continent. Il s’appuie pour cela sur l’expertise de Lassina Zerbo, président du conseil d’administration du Rwanda Atomic Energy Board (RAEB) et figure reconnue de la gouvernance nucléaire mondiale, qui l’accompagnera à Paris.
Pour Kigali, le nucléaire est le levier indispensable pour passer d’une économie de services à une puissance industrielle. Le Rwanda promeut activement les SMR (Small Modular Reactors), perçus comme la solution adaptée aux réseaux
À l’occasion de sa visite à Paris prévue pour le 10 mars 2026, le président rwandais Paul Kagame entend consolider sa position de leader africain du nucléaire civil.
Le Rwanda mise sur les petits réacteurs modulaires (SMR) pour atteindre ses objectifs de souveraineté énergétique. Des accords ont déjà été signés avec des acteurs variés, notamment la start-up germano-canadienne Dual Fluid pour un réacteur de démonstration et l’entreprise américaine NANO Nuclear Energy.
Formation d’une Élite Scientifique rwandaise
Le Rwanda accélère la formation de ses experts via le Rwanda Atomic Energy Board (RAEB), dirigé par Lassina Zerbo. Des partenariats existent notamment avec la Russie (Rosatom) et la Hongrie pour la formation de centaines d’étudiants rwandais.
Le Rwanda ambitionne de passer de 1 GW à 5 GW de capacité de production d’ici 2050 grâce au nucléaire, avec un premier réacteur opérationnel de 110 MW ciblé pour le début des années 2030. Un investissement de plus de 5 milliards de dollars est évoqué pour la première centrale.
Cette offensive à Paris est également l’occasion d’aborder des sujets sécuritaires régionaux, notamment la situation dans l’est de la République démocratique du Congo, lors de rencontres bilatérales avec le président français.
Aimé Binda