Le Commandement militaire américain pour l’Afrique (AFRICOM) a récemment mené une série de rencontres diplomatiques et d’exercices militaires en Angola pour renforcer la collaboration en matière de sécurité.
Le lieutenant-général John W. Brennan Jr. et l’ambassadeur Robert K. Scott se sont rendus dans le pays pour discuter directement avec de hauts responsables militaires angolais, dont le secrétaire d’État à la Défense nationale, José Maria de Lima.
Ces échanges ont eu pour objectif de tracer de nouvelles voies de coopération pour contribuer à la stabilité, au commerce et au développement économique de la région.
Un entraînement militaire conjoint pour sécuriser le corridor de Lobito.
La délégation a visité une base d’entraînement près de Cabo Ledo pour observer un Joint Combined Exchange Training (JCET). Cet exercice a permis aux forces spéciales angolaises et américaines de s’entraîner au combat rapproché et aux tactiques de petites unités.
Selon l’AFRICOM, ce type de programme vise à renforcer la préparation et l’interopérabilité des forces alliées pour qu’elles puissent dissuader les agressions et faire face aux défis sécuritaires émergents.
Ces efforts s’inscrivent dans une stratégie plus large de sécurisation du corridor de Lobito, une infrastructure ferroviaire et portuaire vitale qui relie l’Angola à la Zambie et à la République démocratique du Congo (RDC). L’ambassadeur Scott a souligné l’importance de ce corridor pour le développement économique de la région. « Les expéditions le long du corridor de Lobito prenaient 28 jours. Aujourd’hui, il ne nous en faut plus que 7. Cette réduction est plus que logistique, elle est stratégique. Elle améliore l’efficacité, garantit des livraisons plus sûres et renforce la résilience économique de la région », a-t-il précisé.
Nouveaux partenariats et menaces sécuritaires
En plus du JCET, l’Angola a été admis au Programme de partenariat avec les États (SPP) du Département de la Défense américain pour 2025. Ce programme associe des pays étrangers à des unités de la Garde nationale des États-Unis, favorisant une collaboration qui va au-delà du simple cadre militaire pour inclure les gouverneurs, les universités et les entreprises.
Les discussions ont également abordé des menaces sécuritaires croissantes, telles que la présence de cartels de la drogue mexicains en Afrique. Une source du département de la Défense a confirmé que les États-Unis surveillent une augmentation des saisies de drogue, notamment en Afrique de l’Ouest, et aident leurs partenaires à intercepter ces cargaisons. Par exemple, le Mozambique a récemment saisi 3 600 kg de cocaïne grâce au soutien américain.
L’Angola joue un rôle crucial dans la lutte contre l’instabilité régionale, notamment contre les menaces terroristes de groupes comme l’État islamique (EI) au Mozambique et en RDC. L’implication de l’Angola dans des initiatives maritimes comme le Code de conduite de Yaoundé est jugée essentielle pour garantir la sécurité des voies maritimes et des corridors économiques.
Coco K.