L’entrepreneur turc Turhan Mildon, à travers sa société Milvest, construit une base de lancement de drones à Kisangani, dans la province de la Tshopo en République démocratique du Congo.
Le marché est estimé à environ 67 millions de dollars dont deux tranches de 20 millions de dollars ont déjà été décaissées par les autorités congolaises (soit 40 millions de dollars).
Cette base des drones à Kisangani s’inscrit dans le dispositif des Forces armées de la RDC (FARDC) pour lutter contre les rebelles de l’AFC-M23 de Corneille Nangaa qui conteste la spoliation de ses droits de mines de Zani-Kodo en Ituri. Plusieurs observateurs politiques affirment que Corneille Naanga a rejoint la rébellion du M23 pour contester ses droits miniers de Zani-Kodo en Ituri qu’ exploite aujourd’hui la société Milmining du turc Turhan Mildon qui construit une base de lancement de drones à Kisangani pour contrer le M23.
La base de drones est destinée à accueillir des drones de combat, notamment des CH-4 (origine chinoise) et des systèmes Anka de la société turque Turkish Aerospace Industries (TAI).
Le projet aurifère de Zani-Kodo, situé dans la province de l’Ituri en République Démocratique du Congo (RDC), est actuellement au cÅ“ur de tensions entre la société d’État Sokimo (Société Minière de Kilo-Moto) et ses partenaires privés, selon Africa Intelligence. Un partenariat a été signé entre juin et juillet 2024 entre la Sokimo et l’opérateur turc Turhan Mildon, patron de Milvest (via sa filiale Milmining) pour développer le site.
Le site est considéré comme l’un des plus prometteurs du continent, avec des ressources estimées à environ 2,9 millions d’onces d’or (selon des données de 2021/2022). Certaines estimations antérieures évoquaient même un potentiel total dépassant les 13 millions d’onces.
Notons que le projet a appartenu par le passé à Mwana Africa (devenu Asa Resource Group).
En 2021, il a fait l’objet d’un contentieux majeur impliquant Corneille Nangaa (ex-président de la CENI) et sa société Pianeta Mining, qui accusait l’entourage du président Félix Tshisekedi d’avoir spolié ses droits sur la mine. Dede Muna était directeur général adjoint de Pianeta Mining et représentait les intérêts de Nangaa au sein de l’entreprise.
La société de Nangaa se concentrait sur le projet aurifère de Zani-Kodo, dans la province d’Ituri, et détenait des participations dans trois permis miniers (PE 5078, 5079 et 5081) initialement détenus par la compagnie minière d’État Sokimo.Une tentative de rachat de 60 % des parts par la junior canadienne Central African Gold pour 55 millions de dollars a échoué en 2021 après un audit préalable (due diligence).Bien que le gisement soit industriellement prometteur, il est actuellement exploité de manière artisanale par des milliers d’orpailleurs dans des conditions précaires, notamment près de Djalasiga (territoire de Mahagi).
Cependant, le partenariat Sokimo – le turc Milmining provoque des frictions.L’ accord signé en 2024 avait permis à Milvest de racheter 70 % des parts de la société de gestion du projet, Kodo Resources, laissant 30 % à la Sokimo. La nouvelle direction de la Sokimo accuse l’opérateur turc de ne pas respecter ses engagements contractuels.
En effet, à la suite d’une ordonnance présidentielle datée du 23 février 2026, la Société Minière de Kilo-Moto (Sokimo) est passée sous la direction d’une nouvelle équipe.
François Kakese Kimaza a été nommé Président du Conseil d’Administration (PCA). Avant cette nomination, il occupait le poste de Gestionnaire de la Qualité et des Performances au sein du Cabinet du Chef de l’État.
Yannick Nzonde Mulundu, entrepreneur âgé de moins de 40 ans et fondateur de Mouloud Univers, a pris les fonctions de Directeur Général (DG).
La nouvelle équipe examine des soupçons de manquements aux engagements contractuels de la part de l’opérateur turc. La mission de Kakese et Nzonde est de réévaluer ce dossier pour s’assurer que les intérêts de l’État congolais sont préservés et de « renflouer les caisses de l’État ».
Aimé Binda