Un rapport d’enquête gouvernemental daté du 13 mars 2026 dresse un bilan critique de la compagnie nationale de la République démocratique du Congo (RDC) Congo Airways. La compagnie est grevée par une dette estimée à plus de 80 millions de dollars.Le personnel fait face à plus de dix mois d’impayés, ce qui a provoqué une vive contestation interne et une demande d’audit administratif par les représentants des employés en novembre 2025. La direction de la compagnie aérienne nationale de la République démocratique du Congo (RDC) est accusée d’avoir ignoré les procédures légales en signant des contrats à l’international sans obtenir l’aval obligatoire de la Direction générale des marchés publics (DGCMP), a rapporté Africa Intelligence.
Ces manquements concernent principalement la passation de marchés publics qui, selon la réglementation en vigueur, doivent faire l’objet d’un contrôle de conformité strict pour garantir la transparence et la légalité des engagements financiers de l’État.
Ce rapport d’enquête gouvernemental de malversations et irrégularités financières au sein de Congo Airways, recommande le limogeage immédiat de son équipe dirigeante. L’enquête a confirmé que la direction avait contourné les procédures légales obligatoires en signant des contrats internationaux sans l’autorisation requise de la DGCMP (Direction générale des marchés publics).
Perte de 1,4 million de dollars avec Jordan Aviation
Un paiement de 1,4 million de dollars a été effectué pour un avion jordanien qui n’a jamais été livré. La compagnie congolaise aérienne peine actuellement à recouvrer ces fonds suite à la non-exécution d’un contrat ACMI (avion, équipage, maintenance et assurance).
En août 2024, Congo Airways a transféré 1,4 million de dollars à Jordan Aviation dans le cadre d’un contrat de location ACMI (Avion, Équipage, Maintenance et Assurance) pour un Airbus A320. Jordan Aviation n’a jamais livré l’appareil convenu, laissant Congo Airways, dont la flotte était alors clouée au sol depuis mi-juillet 2024, dans une situation opérationnelle et financière critique. Le Directeur Général de Congo Airways, Lueya Dubier, avait sollicité l’intervention du gouvernement congolais (via le ministère du Portefeuille) pour désigner un représentant afin de négocier directement le remboursement à Amman, en Jordanie
Acompte de 250 000 $ pour l’acquisition d’un aéronef aux États-Unis
Ce versement était destiné à l’acquisition d’un aéronef aux États-Unis. Les enquêteurs de l’Inspection Générale des Finances (IGF), considèrent que ces fonds ont été engagés dans un montage opaque.
Cet acompte de 250 000 $ pour un avion en provenance des États-Unis a été signalé par les enquêteurs de l’IGF comme probablement perdu en raison d’une fraude.
Transaction avec Allegiance Capital, une société Sud africaine pour un Airbus A320 vieux de 36 ans
La direction de la compagnie Congo Airways a versé 450 000 $ et 700 000 $ sous séquestre à Allegiance Capital, une société Sud africaine pour un Airbus A320 de 36 ans. Cet avion est arrivé avec près d’un an de retard. En effet, la compagnie Congo Airways a versé 450 000 placés sur un compte séquestre pour la location-achat d’un Airbus A320 vieux de 36 ans.l’avion devait initialement être livré en avril 2025, mais n’est arrivé qu’en février 2026.
Les dirigeants de Congo Airways ont plaidé l’urgence extrême pour éviter que la compagnie ne perde son certificat de transporteur aérien (AOC), faute d’appareils opérationnels.
Aimé Binda