Selon Bloomberg Intelligence, un conflit prolongé contre l’Iran pourrait entraîner un excédent de cuivre et réduire fortement les bénéfices des principaux pays producteurs et exportateurs .
Selon les analystes de BI, un prix du pétrole supérieur à 150 dollars le baril, dans le contexte d’une guerre prolongée perturbant le trafic dans le détroit d’Ormuz, ralentirait probablement la croissance mondiale et plafonnerait la demande de cuivre à environ 0,5 % à 1 %, faisant chuter les prix en dessous de 10 000 dollars la tonne et créant un excédent de produits raffinés de 100 000 à 200 000 tonnes. Ces perspectives soulignent comment les risques géopolitiques au Moyen-Orient pourraient se répercuter sur les marchés des matières premières, le cuivre se retrouvant pris en étau entre un ralentissement de la demande et des approvisionnements limités tels que le soufre et l’acide sulfurique .
Des perturbations dans les livraisons de soufre en provenance du Golfe persique pourraient limiter la production en RDC, où 50 à 60 % de la production dépend de l’acide sulfurique, réduisant ainsi l’ampleur de tout excédent.
La guerre en Iran affecte directement les mines de cuivre de la République démocratique du Congo (RDC) en perturbant l’approvisionnement en soufre, un ingrédient essentiel à la lixiviation , menaçant ainsi environ 45 % de la production congolaise. Cette restriction d’approvisionnement en matières premières clés et l’accroissement de la volatilité du transport maritime peuvent entraîner une hausse des coûts de production dans les mines congolaises et menacer l’approvisionnement mondial en cuivre.
Le conflit affecte l’approvisionnement en soufre en provenance du golfe Persique qui passe via le détroit de D’Ormuz vers la « ceinture de cuivre africaine » en RDC. Ces pénuries pourront impacter jusqu’à 6 % de l’offre mondiale.
Les tensions engendrent une hausse des prix de l’énergie et de l’inflation, provoquant une volatilité des coûts de production du cuivre et des prix sur le marché.
Bien que la contrainte immédiate concerne l’approvisionnement soufre, l’escalade des tensions internationales crée souvent des goulets d’étranglement logistiques, affectant plus largement le transport des exportations de cuivre du sud de la RDC.
L’insécurité pourrait accélérer les efforts de diversification du contrôle minier en dehors des voies d’exportation traditionnelles, influençant les tentatives, soutenues par les États-Unis et les Émirats arabes unis, de contrôler l’exploitation du cuivre en RDC et les routes d’exportation.
Aimé Binda