L’entrepreneur turc Turhan Mildon, à la tête de sa société Milvest, a en effet diversifié ses activités en République démocratique du Congo (RDC) en s’impliquant directement dans le secteur de la défense pour soutenir l’effort de guerre contre les rebelles de l’AFC-M23.
La société Milvest est chargée de construire une base de lancement de drones à Kisangani, un emplacement névralgique pour les opérations militaires dans l’est du pays.
Ce contrat marque une nouvelle étape après le succès du Centre financier de Kinshasa et d’autres projets d’envergure comme la rénovation de l’aéroport international de N’Djili.
L’armée congolaise utilise plusieurs drones MALE (Moyenne Altitude Longue Endurance) TAI Anka-S , fabriqués par Turkish Aerospace Industries (TAI). Ils sont principalement utilisés pour la reconnaissance en haute altitude et les frappes de précision.
En outre, Les FARDC ont intégré aussi les drones Bayraktar, éprouvés au combat, à leurs escadrons de drones CH-4.
Cependant, une délégation congolaise de haut niveau s’est rendue à Ankara pour faire part officiellement de ses préoccupations aux autorités turques concernant l’utilisation présumée de drones Baykar par le Rwanda dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).
Cette visite, révélée par Africa Intelligence, met en lumière les tensions diplomatiques croissantes, la technologie militaire turque devenant un enjeu central du conflit dans la région des Grands Lacs.
La délégation comprenait Jacques Tshisekedi (frère cadet du président Félix Tshisekedi et coordinateur de la sécurité présidentielle), l’homme d’affaires Tony Kanku Shiku et l’ancien haut diplomate Serge Tshibangu. Kinshasa s’est inquiétée du déploiement de drones fabriqués par le géant turc de l’armement Baykar lors des opérations dans l’est de la RDC, où le Rwanda est accusé de soutenir les rebelles du M23.
Le double jeu de la Turquie dans les Grands Lacs
La Turquie a fourni des équipements aux deux camps. Si le Rwanda a acquis des systèmes Baykar, l’armée congolaise (FARDC) a également récemment intégré des drones turcs Bayraktar TB2 à son arsenal, actuellement stationnés sur une base arrière à Kisangani.
En mars 2026, les FARDC ont affirmé avoir abattu deux drones appartenant aux Forces de défense rwandaises (RDF) et à leurs « alliés » au Sud-Kivu. Par ailleurs, une tentative d’attaque contre l’aéroport de Kisangani début 2026 aurait impliqué des drones kamikazes Baykar YIHA-III liés aux activités du M23.
La Turquie a tenté de se positionner comme un acteur neutre dans le conflit entre la RDC et le Rwanda. Cependant, son approche « sans conditions » en matière d’exportations d’armes a suscité des critiques, car elle risque d’exacerber les conflits et de favoriser une guerre non réglementée dans des régions comme le Sahel et l’Éthiopie.
Aimé Binda