‎Rwanda : 30 ans de prison pour avoir osé parler



‎Six ans après le décès suspect en détention du chanteur de gospel Kizito Mihigo, le gouvernement rwandais continue d’étouffer les voix critiques. Le cas récent d’Aimable Karasira, qui risque aujourd’hui 30 ans de prison, illustre la persistance d’un climat de peur pour quiconque s’écarte du récit officiel.

‎Le traumatisme de l’affaire Kizito Mihigo
‎Kizito Mihigo, figure de la réconciliation et rescapé du génocide de 1994, a payé de sa vie son désir d’inclure toutes les victimes dans le deuil national.
‎ * 2014 : Arrestation pour une chanson évoquant les victimes de toutes les violences.
‎ * 2020 : Mort dans une cellule de police, quatre jours après une nouvelle arrestation.
‎ * Bilan : Aucune enquête indépendante n’a été menée, malgré les craintes d’assassinat exprimées par l’artiste avant sa mort.



‎Aimable Karasira : La nouvelle cible


‎Aujourd’hui, c’est le blogueur Aimable Karasira qui subit la pression judiciaire. Ancien universitaire et rescapé, il est détenu depuis 2021 pour avoir publiquement discuté des crimes commis par le Front patriotique rwandais (FPR) pendant et après le génocide.

‎ * Condamnation initiale : En septembre 2025, il écope de 5 ans de prison pour « divisionnisme ».

‎ * Appel du parquet : L’accusation réclame désormais 30 ans de réclusion, l’accusant de négation du génocide.

‎ * Allégations de torture : Karasira affirme avoir été torturé en détention, tandis que ses avoirs bancaires restent gelés.



‎Un cadre légal utilisé comme arme


‎Human Rights Watch souligne une dérive inquiétante : l’utilisation de lois aux définitions floues sur l’« idéologie du génocide » pour réduire au silence les opposants politiques et les membres de la société civile.

‎> « Le pouvoir judiciaire rwandais est mis à l’épreuve : saura-t-il protéger la liberté d’expression, y compris celle des rescapés, ou restera-t-il un outil de représailles ? »
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‎L’organisation appelle les autorités rwandaises à libérer Aimable Karasira ainsi que toutes les personnes emprisonnées pour avoir exercé leur droit fondamental à la parole.

‎HRW


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