En février 2026, le président Félix Tshisekedi a ordonné un audit approfondi sur la paie des fonctionnaires de la République démocratique du Congo (RDC) suite à des signalements persistants de fraude systémique. Cette décision fait suite aux enquêtes de l’Inspection générale des finances (IGF) qui ont révélé que le recours à des employés fictifs et à des usurpations d’identité coûte à l’État près de 800 millions de dollars par an.
Les audits menés par l’IGF ont mis au jour un réseau mafieux impliquant des centaines d’agents de l’État notamment :
1.Travailleurs fantômes et fictifs : Plus de 60 000 personnes percevaient un salaire alors qu’elles ne figuraient pas sur les listes de personnel officielles des agences censées les employer.
2.Usurpation d’identité : Plus de 90 000 agents partageaient le même numéro d’enregistrement que d’autres employés rémunérés.
3.Numéros falsifiés : Environ 145 000 agents utilisaient des numéros d’enregistrement incorrects ou entièrement fictifs pour le calcul de la paie.
4.Agents frauduleux : L’IGF a identifié 961 gestionnaires de paie impliqués dans la fraude, certains figurant simultanément sur plus de 15 listes de paie différentes.
L’ampleur de cette fraude est estimée à environ 8 % du budget national . Le Trésor public perd environ 66,2 millions de dollars (près de 149 milliards de francs congolais) chaque mois en raison de ces irrégularités. La masse salariale du secteur public a plus que doublé entre 2021 et 2025, absorbant désormais plus de 50 % des recettes fiscales.
Le nouvel audit, coordonné par le cabinet du Premier ministre, vise à fournir des résultats sous 30 jours afin de stabiliser les finances publiques et de garantir le paiement ponctuel des salaires des fonctionnaires, a rapporté Africa Intelligence.
Afin de prévenir toute fraude future, le ministère de la Fonction publique a lancé en août 2025 une campagne d’identification biométrique pour assainir les fichiers et éliminer les doublons.
Aimé Binda