Kapongo Kadiobo accuse Fifi Masuka d’avoir détourné près de 8 millions de USD de recettes qui auraient dû être partagées entre le gouvernorat (40 %) et le SAEMAPE (60 %)

Le régulateur congolais de l’exploitation minière artisanale, le SAEMAPE (Service d’assistance et d’encadrement de l’exploitation minière à petite échelle), est actuellement engagé dans un bras de fer avec le gouvernorat du Lualaba, dirigé par Fifi Masuka Saini. Un échange de courriers particulièrement tendu oppose la province du Lualaba au Service d’assistance et d’encadrement de l’exploitation minière à petite échelle. Son directeur général, Jean-Paul Kapongo Kadiobo, accuse la gouverneure de graves dérives dans la gestion du secteur, a rapporté Africa Intelligence.

Le directeur général du SAEMAPE, Jean-Paul Kapongo Kadiobo, accuse la gouverneure de « graves dérives » dans la gestion du secteur minier artisanal au Lualaba.

Un Conflit de compétences

Le SAEMAPE souligne son autonomie administrative et financière sous la tutelle du ministère national des Mines. Il rejette les tentatives du gouvernorat d’imposer des autorisations préalables pour les déplacements de ses agents ou l’émission d’avis techniques.
En outre, Le régulateur défend l’émission d’avis techniques comme un outil nécessaire pour identifier et délocaliser les mineurs artisanaux vers des zones sécurisées (ZEA), tandis que le gouvernorat les perçoit comme des pratiques irrégulières effectuées sans son consentement.

De son côté, Fifi Masuka a mis en demeure le SAEMAPE de cesser certaines pratiques jugées illégales, critiquant notamment le déploiement non autorisé d’agents sur le terrain et le « monnayage » d’avis techniques. Kapongo Kadiobo accuse le gouvernorat de Lualaba d’avoir détourné près de 8 millions de dollars de recettes qui auraient dû être partagées entre la province (40 %) et le SAEMAPE (60 %) conformément à la réglementation nationale.L’organisme de réglementation dénonce des opérations minières non autorisées et a relevé l’établissement illégal de gisements miniers, impliquant le frère du gouverneur, Micky Balboa Masuka.

Cette tension survient dans un contexte de réorganisation du secteur, marqué par la récente identification de 64 zones d’exploitation artisanale au Lualaba et des mesures de suspension temporaire pour « assainir » l’activité après des accidents meurtriers sur certains sites comme celui de de Kalondo, en novembre 2025, qui a fait des dizaines de morts.

Coco Kabwika

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