La Task-force dirigé par Patrick Luabeya a rééquilibrée l’accord de Washington initialement fondé sur l’extraction minière vers un partenariat plus collaborative et une codirection du Comité de pilotage

Face à une première proposition américaine nettement asymétrique et dépourvue de toute mention sécuritaire, une équipe restreinte de négociateurs congolais a dû batailler de longs mois pour remodeler l’architecture de l’accord conclu entre les deux pays, a rapporté Africa Intelligence.
Kinshasa a mobilisé une équipe de négociation spécialisée pour faire évoluer l’accord minier avec les États-Unis, passant d’un modèle extractif traditionnel à un partenariat stratégique cogéré.

La Codirection et consensus du Joint Steering Committee entre les USA et la RDC

La proposition initiale des États-Unis, présentée par Christopher Kulukundis (conseiller principal pour les affaires africaines au Département d’État), a suggéré un comité de pilotage conjoint (Joint Steering Committee) présidé par un responsable américain disposant d’une voix prépondérante en cas d’égalité. Kinshasa a négocié avec succès cette structure de direction cogérée où toutes les décisions doivent être prises par consensus.Ce comité de pilotage ( Joint Steering Committee) est composé de cinq représentants de chaque gouvernement, assurant ainsi une représentation égale pour la République démocratique du Congo (RDC) et les États-Unis.

La Souveraineté fiscale de la RDC face aux USA

Les négociations ont permis de supprimer les clauses « maximalistes », notamment l’obligation pour la RDC de réserver 50 % des ventes de cathodes de cuivre et 30 % de celles de cobalt exclusivement au marché américain.Les négociateurs ont rejeté les « avantages fiscaux exorbitants » initialement recherchés par Washington. Ceux-ci ont été remplacés par une clause de stabilisation sur 10 ans, un remboursement accéléré de la TVA et un cadre fiscal simplifié, plus avantageux pour le Trésor congolais.

Flexibilité du marché

Au lieu d’une obligation stricte de réserver une partie de la production minière aux États-Unis, l’accord final du 4 décembre 2025 conçoit l’accès au marché américain comme un objectif à atteindre plutôt que comme un quota obligatoire.

L’équipe de négociation de Kinshasa

L’équipe, dirigée par l’envoyé spécial du président Félix Tshisekedi, Patrick Luabeya, a consacré près de huit mois à peaufiner l’accord de Washington

Patrick Luabeya : Directeur de l’autorité de régulation des marchés des minéraux stratégiques (ARECOMS) et négociateur en chef.

Guy Robert Lukama : Ancien président de la Gécamines, qui a apporté son expertise technique minière aux côtés du conseiller Stéphane Cormier.

Baraka Kabemba : Actuel directeur général de la Gécamines et ancien conseiller financier chez EY, spécialisé dans l’intégration régionale et les aspects économiques.

Pascal Agboyibor : Avocat principal du cabinet Asafo & Co, représentant la Gécamines.

Général de division Augustin Mubiayi Mamba : A négocié les volets sécurité et défense du partenariat.

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