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Bruxelles réfléchit également à de nouvelles sanctions individuelles contre les protagonistes du conflit dans l’est de la RDC, où Kigali est accusé d’appuyer la rébellion du M23.

Faut-il que l’Union européenne continue à soutenir financièrement le Rwanda pour l’aider à combattre les djihadistes au Mozambique, ou doit-elle plutôt sanctionner Kigali pour son implication active auprès des rebelles du M23 à l’est de la République démocratique du Congo (RDC), malgré les condamnations internationales ?

Alors que la RDC fait pression sur l’UE pour qu’elle cesse de soutenir le Rwanda, Bruxelles refuse de prendre parti. Un diplomate européen a déclaré que « la lutte contre l’insurrection islamiste au Mozambique, menée par le Rwanda, et les combats dans l’est de la RDC, où le Rwanda est également impliqué, sont deux sujets distincts, complexes et tout aussi importants aux yeux des Européens. » Ces propos ont été tenus alors que les ministres des affaires étrangères de l’UE se réunissaient à Luxembourg le lundi 24 juin pour discuter de ces questions, entre autres.

Au nord du Mozambique, la région instable de Cabo Delgado suscite des inquiétudes chez les Européens, car plusieurs de leurs entreprises, dont TotalEnergies et Eni, ont l’intention d’exploiter d’importants gisements de gaz dans la région. Il est prévu un investissement de 20 milliards d’euros uniquement pour le champ gazier appartenant au groupe français. Cependant, depuis 2021, les travaux sont interrompus en raison de l’attaque des islamistes d’Ansar al-Sunna, la branche mozambicaine du groupe Etat islamique, à Palma.

Au nord du Mozambique, la situation instable dans la région de Cabo Delgado continue d’inquiéter les Européens, en raison des projets d’exploitation de gaz par des compagnies telles que TotalEnergies et Eni. Ces projets représentent un investissement de 20 milliards d’euros, notamment pour le champ gazier détenu par le groupe français. Depuis 2021, les travaux sont interrompus à la suite de l’attaque des islamistes d’Ansar al-Sunna, la branche mozambicaine du groupe Etat islamique, à Palma.

Une « nouvelle vision » européenne ?

Pour sécuriser la zone, où l’armée mozambicaine s’est rapidement retrouvée totalement débordée, après l’échec des mercenaires russes de Wagner, une première force d’interposition avait été déployée par la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), en 2021, avant que le Rwanda propose, sur suggestion française, d’intervenir, avec un soutien financier de l’UE.

Le Portugal, l’Italie et la France, soucieuse de se réconcilier avec Kigali, avaient en effet convaincu leurs partenaires européens de débloquer 20 millions d’euros, issus de la Facilité européenne de paix (FEP, un fonds qui permet de financer de l’aide militaire), afin de prendre en charge le transport des troupes rwandaises au Mozambique et l’achat de matériels non létaux (tentes, véhicules, générateurs…).

L’Europe avait dans le même mouvement financé à hauteur de 89 millions d’euros les forces armées mozambicaines, créé une mission de formation pour celles-ci et débloqué 15 millions d’euros pour la mission de la SADC.

LeMonde

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