Protéger le corridor de Lobito face l’avancée du M23 :João Lourenço veut éviter l’option militaire angolaise en privilégiant un “dialogue inclusif intercongolais “


Acculé par une situation militaire défavorable dans l’est du pays, le président Félix Tshisekedi se tourne de nouveau vers Luanda. Son homologue angolais João Lourenço pousse l’option d’un dialogue national congolais, dont il se poserait en médiateur, a rapporté Africa Intelligence. L’urgence renouvelée de la situation en Angola s’explique en grande partie par la protection du corridor de Lobito. Lourenço craint que l’instabilité dans les régions du Katanga en RDC, riches en minéraux, ne mette en péril cette infrastructure économique vitale, essentielle au transport du cuivre de la Copperbelt vers les ports angolais.

Le rôle de Lourenço est d’autant plus important qu’il occupe actuellement la présidence de l’Union africaine, même s’il devrait être remplacé par le Burundais Évariste Ndayishimiye en février 2026.

L’ Angola fait son retour officiel sur la scène diplomatique en tant que médiateur principal dans le conflit en République démocratique du Congo (RDC), proposant un nouveau « dialogue national » pour résoudre la crise en cours.

Notons que l’Angola s’était retiré de son rôle de médiateur en mars 2025, invoquant son mécontentement face à l’échec des négociations et aux ingérences extérieures liées aux initiatives parallèles du Qatar et des États-Unis. Cependant, suite à l’effondrement d’un accord de paix négocié par les États-Unis et à la prise par les rebelles de la ville stratégique d’Uvira en décembre 2025, le président de la RDC, Félix Tshisekedi, a sollicité le retour de l’Angola.La proposition actualisée, discutée entre le président angolais João Lourenço et le président Tshisekedi début janvier 2026, privilégie une résolution politique interne et global pour éviter toute capitulation militaire face au M23 et Rwanda .

L’Angola appelle à un dialogue national approfondi en RDC afin de s’attaquer aux causes profondes du conflit, plutôt qu’à des solutions purement militaires ou une intervention militaire coalisée pour sauver le projet de corridor de Lobito.

Tshisekedi a accepté le dialogue à la condition que les groupes armés, et notamment l’AFC-M23, en soient exclus.
L’Angola a entamé des contacts avec les dirigeants de l’opposition congolaise afin de parvenir à un large consensus politique. Notamment, l’ancien président Joseph Kabila s’est rendu à Luanda le 21 décembre 2025 pour des discussions, à la demande de Lourenço.

Stabilité régionale et corridor de Lobito

Le regain d’intérêt de l’Angola est en partie motivé par des préoccupations économiques ; la déstabilisation potentielle de la région du Katanga menace le corridor de Lobito, un projet ferroviaire essentiel au transport du cuivre vers les ports angolais.La partie angolaise a privilégié un dialogue inclusif avec la participation des groupes armés comme le M23 qui menace le corridor de Lobito. Les émissaires angolais sont chargés, à la mi-janvier, de préciser ces termes afin de concilier les préoccupations sécuritaires de Tshisekedi — notamment la crainte que le conflit ne s’étende à l’ancienne province du Katanga — avec la nécessité d’un dialogue inclusif. Le président angolais ne veut pas laisser un héritage catastrophique à l’UA au Burundais Évariste Ndayishimiye en février 2026 déjà parti au conflit.

Coco Kabwika

Partage