La « société bancaire américaine » fintech PayServices, basée dans l’Idaho intenté une action en justice de 4 milliards de dollars contre l’État de la République démocratique du Congo (RDC) et plusieurs hauts responsables devant le tribunal fédéral américain de l’Idaho. Cette affaire place le président Félix Tshisekedi dans une situation délicate vis-à-vis de Washington, alors qu’il s’efforce de maintenir des relations diplomatiques et commerciales étroites avec les États-Unis.
PayServices, une société américaine de technologie financière dirigée par Lionel Danenberg.
L’État congolais et plusieurs hauts responsables, dont la ministre de portefeuille Julie Mbuyi Shiku, le ministre des Finances Doudou Fwamba Likunde, le directeur de cabinet du président Anthony Nkinzo Kamole et le gouverneur de la banque centrale André Wameso ont été cité dans cette affaire de corruption.
PayServices accuse le gouvernement de la RDC d’avoir violé plusieurs protocoles d’accord visant à numériser les institutions étatiques et à mettre en place un système de paiement électronique, un projet censé générer plus de 8 milliards de dollars par an. La société affirme avoir perdu plus de 90 millions de dollars d’investissements.La plainte comprend des accusations de grande corruption et de tentatives de corruption de la part de responsables congolais. Par exemple, la ministre Shiku est accusée d’avoir exigé un pot-de-vin de 10 % (2 millions d’euros) pour débloquer un paiement de 20 millions de dollars dû à PayServices en avril 2024.
Le gouvernement de la RDC réfute toutes les accusations, invoquant de « graves irrégularités de procédure » et affirmant que les accords n’étaient pas juridiquement contraignants car ils n’avaient pas été conclus par le ministère des Finances.

Aimé Binda